Après la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange, premières analyses

Publié le 16/10/2009 à 00H00 (mis à jour le 19/10/2009 à 15H12)
Une semaine après sa visite en Moselle, Le Président de la République N. SARKOZY est revenu à Gandrange « dissiper les malentendus » dit-il sur ses promesses non tenues. Visite surprise pour tous les partenaires rassemblés pour une réunion technique de suivi des plans de revitalisation et d'ancrage territorial du bassin de Gandrange...

Après la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange, premières analyses
Après la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange, premières analyses
Une semaine après sa visite en Moselle, Le Président de la République N. SARKOZY est revenu à Gandrange « dissiper les malentendus » dit-il sur ses promesses non tenues. Visite surprise pour tous les partenaires rassemblés pour une réunion technique de suivi des plans de revitalisation et d'ancrage territorial du bassin de Gandrange...

Une symbolique calculée
Si rien ne laissait présager une telle rencontre, il faut avouer que rien non plus n’avait été laissé au hasard : Le choix de la ville, Gandrange et le choix du moment, quelques jours après les critiques répétées sur son absence dans le bassin sidérurgique la semaine dernière et quelques jours avant une rencontre avec L. MITTAL. Escamotée aussi, une probable confrontation aux sidérurgistes mécontents, bien loin de son accueil du 4 février 2008. En tous cas, s’il n’a pas forcément convaincu sur le fond, il prétend relever le défi de sortir la sidérurgie lorraine de l’ornière à lui tout seul. Bravades ou ambition affirmée, l’avenir le prouvera. En attendant un beau coup de com. !


Des promesses plus précises ….mais déjà connues

En reprenant la main par des annonces précises et chiffrées, N. SARKOZY a tenté de faire croire à l’avènement de mesures nouvelles. Sauf que pour la plupart d’entre elles, nous en connaissions les grandes lignes. Revue de détails des annonces :
CORUS Rails France à HAYANGE : Confirmation du contrat de RFF (Réseau Ferré de France) avec l’usine de Hayange pour un montant de 350 M€ sur 6 ans sur les rails « grande longueur ». Ce contrat induit un investissement de 35 M€ de CORUS sur le site lorrain pour s’adapter à ce nouveau marché. Après des semaines d’attente et d’interventions de la CFDT auprès des politiques et des ministères, c’est une bonne nouvelle qui conforte une unité sidérurgique et garantit l’emploi des 400 salariés actuels pour plusieurs années.
ARCELORMITTAL GANDRANGE : Les investissements prévus sur le LCB sont engagés pour un montant de 6 M€ et seront réalisés d’ici août 2010. Il reste à confirmer encore 4,5 M€ sur le même outil. Les ateliers de Poutrelles, panneaux solaires et câbles prévus sur les friches de Gandrange seront implantés à Yutz.  Si d’un point de vue comptable on y est presque, la CFDT ne peut se satisfaire de ce résultat ; le site, malgré les sommes injectées, restent tributaires des approvisionnements de Ruhrort et subi des coûts structurels dangereux pour son équilibre financier. De plus, aucune réponse n’est apportée quant à la revitalisation de la vallée de l’Orne. Les élus locaux ont donc réclamé une plus grande réactivité dans la cession des friches industrielles.
ARCELORMITTAL YUTZ : Le groupe ArcelorMtittal propose de créer sur le site de Yutz un atelier de poutrelles, portes coupe-feux et kits pour un montant de 16 M€ et 66 emplois. Le chantier démarrera en Janvier 2010. A cela, viendra s’ajouter un atelier de cintrage pour 5,8M€ et créateur de 33 emplois..Il commencera à fonctionner fin août 2010.
CENTRE DE FORMATION : Prévu avec 5M€ et 120 stagiaires, ce centre qui devait démarrer dès la rentrée 2009 d’après la convention , sera localisé à YUTZ, sur le site du CEFASIM. La construction d’un bâtiment évalué à 1,5M€ sera réalisé. Reste à savoir à quand la première promotion et avec quel nombre de stagiaires ? Pour la CFDT, ce point est essentiel pour l’avenir de la sidérurgie lorraine et la transmission des savoir-faire. Au-delà de l’engagement, il nous parait nécessaire que soit précisé le contenu de ce dispositif et son articulation entre tutorat et apprentissage et l’alternance entre le l’école et l’atelier. La copie du président sur le sujet n’obtient pas la moyenne. !
ARCELORMITTAL FLORANGE : Bien sur, c’est le projet ULCOS qui constitue le cœur du projet d’avenir de Florange. N. SARKOZY a répété sa volonté de voir le projet ULCOS s’établir à Florange et a présenté les dispositions sur lesquelles l’Etat peut intervenir : la création d’un site d’enfouissement dans la Meuse et le transport du CO2 par pipeline. Cela implique l’ouverture de plusieurs dossiers dont une demande de subventions européennes, une autorisation d’exploitation géologique et le lancement d’études techniques. L’Etat investira 12M€ à traves l’ADEME. Et la décision sera prise mi 2011, soit 2 ans avant la date de lancement prévue. La CFDT a rappelé toute l’importance qu’elle attachait à ce projet, mais a alerté le président sur les risques de dégradation des hauts fourneaux dans la période actuelle. Il est urgent que Mittal injecte   4 à 5 M€ dès aujourd’hui pour assurer la maintenance et la pérennité des outils. Puisque le président a dit rencontrer L. Mittal prochainement, nous ferons de sa capacité à décrocher ces investissements d’urgence un premier test de crédibilité.
AUTRES ENGAGEMENTS : Le Fonds Lorrain des Matériaux a été créé en juillet 2009 avec 20 M€ dont 10 en provenance de l’Etat et 10 d’ArcelorMittal. 17 projets sont à l’étude. C’était une revendication portée par la CFDT en avril 2007 lors des discussions.
En remplacement des centrales POWEO, la CFDT a demandé une compensation équivalente en emplois (au minimum 80) sur le port d’Illange dans le cadre de la plateforme trimodale Illange-Metz-Frouard en projet.
RECHERCHE : Nous avons redit au président de la République la volonté de faire de la Lorraine une terre d’excellence en matière de recherche sur les matériaux nouveaux, dans le cadre de la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Nous avons demandé l’implantation en Lorraine d’une antenne du CEA ou du CNRS (Bure-Saudron ?). Le président s’est montré intéressé mais n’a pas donné de réponse plus précise soulignant (mais quel lien faire entre notre demande et sa réponse ?) son intention de créer un Commissariat aux Energies nouvelles.


Une « implication personnelle »
En conclusion, le Président a redit sa volonté de garder des industries fortes en France. Il projette de consacrer une partie de son « Grand Emprunt National » à une stratégie industrielle dans laquelle la sidérurgie aurait sa place (sans flécher particulièrement telle ou telle région).
« A ma place, peu de monde se serait engagé comme moi je l’ai fait sur ce dossier. Je reviendrai ! ».  Nous ne lui en demandions pas tant, mais puisqu’il en fait une affaire personnelle… Nous aussi… Le sujet est loin d’être clos.
Car, bien que ces annonces soient plus précises que les promesses de 2008 ou que le contenu des conventions de revitalisation et d’ancrage territorial, rien de concret n’est acquis, hormis, pour l’heure, le Fonds Lorrain des matériaux qui démarre.
Pour la CFDT, cette visite est un point d’étape, la vigilance et le suivi du dossier reste plus que jamais de rigueur.


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