Rencontre préparatoire à la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République

Publié le 11/02/2009 à 16H48 (mis à jour le 20/02/2009 à 11H35)
La CFDT a rencontré le 10 février 2009, les ministres en charge de préparer la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République programmée le 18 février prochain (Infos rapides n°13 du 10 février 2009 - Destinataires : Bureau national, Fédérations, URI, UD, Secrétaires confédéraux)

Rencontre préparatoire à la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République
Rencontre préparatoire à la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République
La CFDT a rencontré le 10 février 2009, les ministres en charge de préparer la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République programmée le 18 février prochain (Infos rapides n°13 du 10 février 2009 - Destinataires : Bureau national, Fédérations, URI, UD, Secrétaires confédéraux)

 

La CFDT a rencontré le 10 février 2009, les ministres en charge de préparer la réunion des partenaires sociaux avec le président de la République programmée le 18 février prochain[1].
Cette rencontre a permis à la CFDT de développer ses propositions en vue de cette réunion. Ces propositions sont construites autour de 3 objectifs prioritaires.

1. Mettre  en place un fonds d’investissement social

Celui-ci doit permettre de répondre aux besoins immédiats des salariés confrontés à la crise tout en créant les conditions d’une sortie de crise favorable à l’économie, la compétitivité des entreprises et l’emploi. Il doit permettre :

* De former massivement plutôt que licencier. Le système à mettre en place doit être clairement « conjoncturel », donc déconnecté de l’assurance chômage, du CTP, des circuits habituels FPC. Il doit être très réactif. Le financement peut être trouvé dans la suspension de la loi TEPA.

Les mesures en faveur des demandeurs d’emploi et notamment des jeunes, doivent se faire en complément et sans modification de l’accord sur l’assurance chômage. C’est de la responsabilité de l’Etat d’améliorer l’indemnisation des demandeurs d’emploi non indemnisés par l’assurance chômage.

* D’accompagner les jeunes vers l’emploi
[2]. A cet effet la CFDT propose :
-       de renforcer l’accompagnement vers l’activité (emplois aidés, formation en alternance, déploiement du service civique...) ;
-      
d’assortir cet accompagnement d’un dispositif « allocation jeunes actifs » avec notamment l’accès au RSA pour les moins de 25 ans ;
-      
de renforcer les acteurs de l’insertion des jeunes (missions locales…).

2. Soutenir le pouvoir d’achat pour relancer la consommation et l’économie

Les propositions CFDT visent, d’une part, à empêcher que nombre de salariés tombent dans la pauvreté et, d’autre part, à soutenir les salariés de la classe moyenne inférieure sur lesquels repose le poids de la solidarité nationale. Ceci doit prendre plusieurs dimensions :

·        
Sur les revenus : avance de la mise en œuvre du RSA, de l’augmentation du Smic, contreparties aux aides aux entreprises (et à moyen terme négociation sur le partage des richesses produites), complément d’indemnisation par l’Etat (chômage partiel, des jeunes).

·        
Sur les dépenses contraintes des salariés et des ménages : aides au logement, à l’accès à une complémentaire santé, au transport, développement du chèque emploi-service…

·        
Sur la fiscalité, des mesures doivent être prises alliant efficacité économique et justice sociale : suspension de la loi TEPA (bouclier fiscal, contingentement de la défiscalisation des heures supplémentaires), baisses ciblées de TVA.
La CFDT n’est pas opposée  à revoir la taxe professionnelle, à condition que cela ne se traduise pas par un transfert direct ou indirect sur les salariés et les ménages.

3. Reprendre la réforme de l’Etat et des fonctions publiques
La CFDT souhaite l’ouverture d’un dialogue spécifique à la fonction publique sur les sujets abordés (emploi, qualification, pouvoir d’achat) et une reprise de la réflexion sur la RGPP (objectif et méthode) assortie d’un gel des suppressions d’emploi. Cette réflexion doit permettre d’ouvrir un dialogue sur l’évolution de l’emploi public.
La CFDT a également insisté sur la nécessité de traiter d’une nouvelle gouvernance des entreprises en donnant de nouveaux espaces à la négociation et au dialogue social sur la stratégie et le comportement des entreprises, y compris vis-à-vis de leur sous-traitant, de leur territoire, sur les rémunérations, y compris celles des managers, sur la capitalisation des entreprises et la redistribution des richesses.
Enfin pour
la CFDT, la coordination des politiques européennes est essentielle. Elle est, hélas, inexistante aujourd’hui. Par exemple, les plans nationaux de soutien à l’automobile risque de conduire à un accroissement de concurrence entre les constructeurs européens que les salariés paieront. Il y a nécessité d’une relance plus coordonnée et à la hauteur des ambitions européennes pour sortir de la crise en position de force au niveau mondial.

Ont été également abordés lors de cette rencontre les différentes questions à inscrire à l’agenda social 2009 et notamment :

-      
le dialogue social dans les PME ;
-      
l’évolution des IRP ;
-      
l’égalité professionnelle ;
-      
la pénibilité ;
-      
l’évolution du paritarisme.
Après une discussion approfondie – la rencontre a duré plus de 2 heures – rendez-vous est pris le 18 février pour une réunion où les représentants du gouvernement ont indiqué que le président de
la République devraient apporter à la fois des réponses immédiates et engager des processus de moyen terme.



[1] Le gouvernement était représenté par Brice Hortefeux (Travail), accompagné de Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget, Fonction publique), Laurent Wauquiez (Emploi) et Martin Hirsch (Solidarité et Jeunes) ;

La délégation de la CFDT conduite par François Chérèque, comprenait Marcel Grignard, Gaby Bonnand et Laurence Laigo, secrétaires nationaux, et Christian Janin, secrétaire confédéral.

[2]La CFDT a traité de cette question avec Martin Hirsch, haut commissaire à la Jeunesse, lors d’une rencontre spécifique le 9 février. Cf. communiqué envoyé ce jour.

 


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