Comme un petit air de troisième tour social

Publié le 24/03/2010 à 00H00
Une centaine à Briey, le double à Longwy : les manifestations syndicales organisées hier pour défendre l'emploi, les services publics et le pouvoir d'achat n'ont pas trop mobilisé. Petit tour d'horizon.
Comme un petit air de troisième tour social
Comme un petit air de troisième tour social
Une centaine à Briey, le double à Longwy : les manifestations syndicales organisées hier pour défendre l'emploi, les services publics et le pouvoir d'achat n'ont pas trop mobilisé. Petit tour d'horizon.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 24 Mars 2010 / MMN /

 

A Briey, on comptait une petite centaine de manifestants. Des salariés et retraités du bassin de Briey avaient préféré se joindre au cortège messin. Photo Frédéric LECOCQ

Hier, des défilés ont été organisés dans quelque 180 villes un peu partout en France. Si la mobilisation a été conséquente par endroits, les deux manifestations organisées à Longwy et Briey n'ont connu qu'un succès tout relatif.
Briey : une centaine devant la sous-préf'

Le rendez-vous était fixé à 14h30, à l'appel de l'UL CGT du bassin de Briey. Réunis dans un premier temps rue Raymond-Mondon, les manifestants - qui étaient une centaine environ dans le cortège - ont fait route vers la sous-préfecture en arborant drapeaux et panneaux. Dans les rangs, plutôt clairsemés donc, des retraités et salariés unis derrière les mêmes revendications : garantir l'emploi, les retraites et défendre les services publics. Car avec la crise qui se prolonge et « les réformes injustes du gouvernement », l'inquiétude va crescendo dans la population. « Ça nous préoccupe, tout ce qui se trame, explique Alfredo, un sidérurgiste retraité de 86 ans. Les retraites, les salaires, tout se détériore. C'est pour cela qu'on se bat pour se faire entendre. » En ce mardi printanier, c'est bel et bien la politique menée par Nicolas Sarkozy qui est pointée du doigt, une politique qui « donne naissance à des inégalités monstrueuses » selon la CGT. Au micro, l'un des représentants du syndicat, Richard Scoepp, tonne contre « le travailler plus pour gagner plus » du candidat Sarkozy. Un slogan choc qui s'est transformé en « travailler plus pour gagner moins » d'après lui. Dans l'assistance, les salariés, qu'ils soient du secteur privé (Edscha, Norma, IME, Sodexho...) ou du public (hôpital Maillot) sont sur le même créneau. « On est en colère et on le montre, explique Patricia. Car que ce soit sur les salaires ou sur l'emploi, ça ne bouge pas du côté du gouvernement. Enfin ça dépend pour qui. »

200 personnesplace Darche à Longwy

Une minute de silence avant le tonnerre des revendications. Devant les deux cents personnes rassemblées hier place Darche à Longwy, Patrick Magnette, représentant de l'Union locale CGT, a rendu hommage à son camarade Jean-Claude Nicloux, une figure emblématique du syndicat, décédé dimanche. Il a ensuite égrené le chapelet des mécontentements. « Nous devons exiger de l'Etat le maintien des emplois et l'amélioration du pouvoir d'achat et orienter la relance économique dans ce sens. Nous devons également avoir la certitude que nos conditions de vie et de travail soient améliorées ». Dans les rangs de la CFDT, même discours : « Cette manifestation est dans la continuité du combat que nous menons depuis plusieurs mois, explique Cédric Reuter. Nous ne pouvons plus supporter la montée du chômage ni le traitement actuel des retraités. »

Du côté des enseignants, les revendications sont surtout dirigées contre la réforme qui se prépare et les nombreuses suppressions de postes. « Nous nous battons pour l'avenir des enfants, rappelle Philippe Spillmann, délégué FSU. A Longwy, la situation est grave, à l'exemple du lycée Alfred-Mézières où 9 postes seront supprimés à la rentrée. »

Dans la foule, la parole des syndicats trouve un écho chez les salariés et les retraités. « Nous avons du mal à joindre les deux bouts », raconte Jeanine, une retraitée. Pour Sabrina, c'est la perte potentielle de son poste dans une école de Villerupt qui l'a poussée à se joindre au cortège. Soutenus par plusieurs maires et élus du secteur ainsi que par la Ligue des Droits de l'Homme, les manifestants ont défilé dans les rues de Longwy-Haut, avec l'espoir d'être simplement entendus.