Comme un vent de fronde...

Publié le 25/06/2010 à 00H00
7.000 selon la police. Au moins 20.000 selon les syndicats. Hier, Nancy s'est quoiqu'il en soit massivement mobilisé contre la réforme des retraites.
Comme un vent de fronde...
Comme un vent de fronde...
7.000 selon la police. Au moins 20.000 selon les syndicats. Hier, Nancy s'est quoiqu'il en soit massivement mobilisé contre la réforme des retraites.

L'Est Républicain, Vendredi le 25 Juin 2010 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

Comme partout en France, la mobilisation nancéienne a réuni des milliers de manifestants issus de tous les horizons, pour le droit à la retraite à 60 ans. Photos Serge LALISSE

Combien étaient-ils?Difficile aujourd'hui de fournir un chiffre exact. Mais dans les rues du centre-ville, un flot ininterrompu de manifestants a battu le pavé durant près de trois heures.

« Parce qu'on en a marre ». Et ce «ras-le-bol qui prend de l'ampleur», selon Gilbert Bauquel, secrétaire CGT de l'union locale du bassin de Pompey, n'est peut-être qu'un début.

De nombreuses formations, syndicales ou politiques, manifestaient en effet ensemble. Unies. CGT, CFDT,UNSA, Sud, FSU, CFTC, mais aussi le Front de gauche, les Jeunes socialistes... Tous présents, prêts pour un bras de fer qui s'annonce long et difficile.

Selon Gilbert Bauquel, « les salariés ne sont pas certains d'avoir gain de cause, mais la victoire ne passera que par la mobilisation. Quand on a six millions de précaires, on ne peut pas faire travailler les gens jusqu'à 65 ou 67 ans. A titre personnel, je suis pour un partage du travail, mais il ne peut se faire que par l'intermédiaire d'une relance de l'emploi et de la consommation, et non par la mise en place d'une politique d'austérité. Ce qu'on nous propose aujourd'hui, c'est tout simplement la remise en cause totale des acquis sociaux. Seul un mouvement social important pourra faire reculer le gouvernement et donc le patronat, qui tire les ficelles ».

D'autres formations syndicales, FSU-SNES en tête, préfèrent, par la voix de Claude Frédéric, responsable départemental, dénoncer une « réforme injuste. Car ce sont les salariés et les plus modestes qui vont la financer à hauteur de 90 %. On devrait davantage solliciter le capital et les hauts revenus. On a trouvé de l'argent pour les banques, je ne vois pourquoi on ne pourrait pas en trouver pour les retraites.

Par ailleurs, le problème de la pénibilité est presque totalement occulté. C'est pourquoi je peux d'ores et déjà vous annoncer que le 6 septembre, véritable jour de la rentrée scolaire, une nouvelle mobilisation aura lieu. Ce qui n'est jamais arrivé jusque là».

La CFDT, elle aussi, se prépare à un « combat difficile, mais qui en vaut la peine ». Philippe Schoun, secrétaire régional Finances, renchérit: « Avec cette réforme, il sera impossible de partir avant 62 ans. Il faut bien le comprendre. Ce sont presque essentiellement les salariés qui vont trinquer. Pourtant... Je représente notamment les salariés du Trésor et des Impôts, je suis bien placé pour savoir qu'on pourrait davantage taxer le capital et abandonner le bouclier fiscal. Depuis 2000, les fonctionnaires ont vu leur salaire baissé de 7%. Maintenant, on leur gèle leurs salaires pendant trois ans et on augmente leurs cotisations. Il n'y a aucune vision au-delà de 2018. Cette réforme, c'est du rafistolage. Le seul but de Sarkozy est de préparer la présidentielle de 2012».

Si c'est le cas, ils étaient quoiqu'il en soit près de deux millions hier en France à lui signifier que leur bulletin de vote pourrait ne pas porter son nom...

Charles WENGER