Ils travaillent contre la réforme des retraites

Publié le 25/06/2010 à 00H00
À l'appel des syndicats du bassin de Longwy, près de 300 personnes ont grossi le cortège de protestation contre la réforme des retraites. « Nous sommes prêts à durcir le mouvement », ont répété les participants.
Ils travaillent contre la réforme des retraites
Ils travaillent contre la réforme des retraites
À l'appel des syndicats du bassin de Longwy, près de 300 personnes ont grossi le cortège de protestation contre la réforme des retraites. « Nous sommes prêts à durcir le mouvement », ont répété les participants.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 25 Juin 2010 / MMN
 

 

« Une fois de plus, ce sont les salariés qui vont trinquer. Cette réforme va provoquer encore plus de précarité », ont répété les représentants syndicaux. Photo Samuel MOREAU

à l'heure où « Nicolas Sarkozy reçoit Thierry Henry à l'Elysée, question de priorités dans notre beau pays », Patrice Magnette et ses compagnons de grève rassemblent la population sur la place Darche à Longwy-Haut.

Le responsable de l'Union locale CGT (ULCGT) du bassin propose ses arguments à une foule composée de 250 à 300 personnes, pour « lutter contre la réforme des retraites. Il est possible d'arrêter de travailler à l'âge de 60 ans. Le COR (conseil d'orientation des retraites), organisme officiel, explique que si on augmente de 0,37 les cotisations, à hauteur de 0,25 pour le patronat et 0,12 pour les salariés, les idées de ce Gouvernement n'ont plus lieu d'être. Le problème, c'est que Mme Parisot ne veut pas qu'on touche aux patrons et prône un système à l'américaine, qui comme on l'a vu met des millions de personnes à la rue dès qu'il y a un crack boursier. »

La sono crache des Bella ciao et autres chants de luttes, et le public écoute. De nombreux autres syndicats sont présents, comme la CFDT ou FSU, ainsi que le Parti socialiste. Des non affiliés également, comme ces deux jeunes qui commentent cet allongement de la durée du travail : « Ils sont complètement fous, déjà que nos boulots sont durs comme ça... »

Patrick Magnette reprend la main : « Ce sont les salariés qui une fois de plus vont trinquer , ainsi que les femmes. » Résonne alors ce que disait Gérard Filoche il y a quelques semaines à l'IUT de Longwy : « L'argent est là, la France n'a jamais eu autant de millionnaires et de milliardaires. Tout est une question de répartition des richesses. »

Pas d'emploi pour les jeunes

Le responsable de l'ULCGT poursuit son argumentaire : « Par cette réforme, on va empêcher l'accès au travail à des millions de jeunes. Car quand on fait travailler plus longtemps les gens, on ne libère pas de place. Il faut mener une autre politique. Un million d'emplois en plus amèneraient une ressource supplémentaire de cinq milliards d'euros, or notre pays a un faible taux d'activité en Europe (15e rang), surtout pour les moins de 30 ans et les plus de 50 ans. Enfin, il faut assainir la pratique des exonérations pour les entreprises qui a coûté 30 milliards en 2009. »

Même si l'été pointe le bout de son nez, pas d'inquiétude chez les représentants syndicaux : « Ce Gouvernement a la sale habitude de faire passer les réformes en pleine saison estivale. Mais nous ne lâcherons pas, et nous sommes prêts à durcir le mouvement. »

Avant de prendre la route pour le blocage du pont de la médiathèque, sur la RN52, avec distribution de tracts aux automobilistes, le cortège entend la voix de Philippe Spillmann, délégué SNUIPP. « Sur cette affaire, il y a eu une manipulation sans précédent de l'opinion, couplée à un matraquage médiatique. Tout ça constitue une régression. »

Une moyenne de 40 % de grévistes dans l'enseignement sur Longwy 1 et 2, chez les cheminots, à la Poste, etc. : « Un sondage dit que 68 % des Français sont contre. On va se battre. »

Sébastien Bonetti.