Pompiers volontaires : un syndicat

Publié le 19/04/2012 à 00H00
La CFDT Inter-Collectivités locales 54 a créé en septembre dernier une section syndicale représentative des sapeurs pompiers volontaires. Il s'agit d'une première en Meurthe-et-Moselle.
Pompiers volontaires : un syndicat
Pompiers volontaires : un syndicat
La CFDT Inter-Collectivités locales 54 a créé en septembre dernier une section syndicale représentative des sapeurs pompiers volontaires. Il s'agit d'une première en Meurthe-et-Moselle.

© L'Est Républicain, Jeudi le 19 Avril 2012 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

Les volontaires sont considérés comme des employés du département. Leur section syndicale a donc été reconnue par le colonel Beaudoux. Photo archives ER

Ce type de section existe en Moselle ou dans quelques rares départements français. Mais la représentation syndicale semble tellement hors norme chez les pompiers volontaires, que la section meurthe-et-mosellanne a du mal à asseoir sa légitimité.

« Les volontaires des centres de secours de Meurthe-et-Moselle attendent de voir quelque chose de concret comme l'installation d'un panneau syndical pour prendre leur carte... » assure Joël Ambuhl, secrétaire adjoint de la section syndicale CFDT (interco54@interco.cfdt.fr).

Sandrine Wiss, secrétaire départementale CFDT Inter collectivités, explique que « le syndicalisme ne fait pas partie de la culture des pompiers volontaires. Et la hiérarchie, composée de professionnels, se pose aussi des questions sur la syndicalisation des volontaires... »

Résultat : plus de six mois après la création de la section, les panneaux d'information syndicale dédiés aux volontaires ne sont toujours pas accrochés dans les casernes de Meurthe-et-Moselle. Les représentants CFDT ont demandé un rendez-vous au colonel Stéphane Beaudoux, commandant des 504 pompiers professionnels du département et des 1 952 volontaires.

Volontaires, mais pas bénévoles

« L'entretien s'est déroulé le 12 mars, il a été très cordial... » assure Sandrine Wiss, qui attend toujours « avec impatience », dit-elle, la pose des panneaux dans les casernes. Elle vient de réitérer sa demande par écrit, dans les formes légales.

« Le but n'est pas d'opposer volontaires et professionnels. Si les conditions de travail s'améliorent pour les uns, il en sera de même pour les autres », fait-elle remarquer.

Les volontaires sont considérés comme des employés du département. Ils sont en effet rémunérés, même si leurs indemnités mensuelles ne dépassent pas quelques centaines d'euros. Les volontaires, qui ne sont donc pas des bénévoles, signent tous les cinq ans un engagement dont les conditions juridiques sont pour le moins floues par rapport au code du travail...

Reste que des interrogations courent dans leurs rangs. Notamment sur l'obligation d'effectuer prochainement un nombre déterminé d'heures d'astreinte, ou sur les critères retenus pour l'obtention d'un stage ou l'avancement en grade. Apparemment, la progression de carrière est moins facile dans certaines casernes que dans d'autres...

Philippe MERCIER

phmercier@voila.fr