Retraites - La mobilisation d'hier après-midi a été bonne sans être exceptionnelle

Publié le 29/05/2010 à 00H00
Mieux que le 23 mars, elle a mieux terminé qu'elle n'a commencé.
Retraites - La mobilisation d'hier après-midi a été bonne sans être exceptionnelle
Retraites - La mobilisation d'hier après-midi a été bonne sans être exceptionnelle
Mieux que le 23 mars, elle a mieux terminé qu'elle n'a commencé.

© L'Est Républicain, Vendredi le 28 Mai 2010 

Car peu après 14 h, début de la manifestation, le lieu de concentration, la place Stanislas était loin d'être couvert d'une forêt... de parapluies. Les averses allaient-elles avoir raison de la mobilisation ? Eh bien non. Les manifestants contre la retraite à... plus de soixante ans ont continué à affluer. Un autre détail augurait mal : vers 14 h 30, le défilé prenait l'aspect du saucisson. La CGT, revendiquant son rang (que pourtant personne ne lui contestait) avait opéré une concentration au pied de la charrue de Mathieu de Dombasle, en avant du front. Jusqu'au départ du cortège, celui-ci était coupé par le passage des voitures, des bus, au droit des oriflammes syndicaux, les organisations n'ayant pas l'air de vouloir se mélanger.

Et puis au fil de la marche, ces détails sont devenus accessoires, et la « manif » a grossi, grossi, jusqu'à dépasser à vue d'oeil celle du 23 mars. 3500 selon la police, le double selon les syndicats... La routine des estimations, mais la mobilisation a été bonne. Tant Denis Hassler, secrétaire général de la CFDT que Michel Debay, secrétaire départemental CGT ont noté une participation importante du privé... Visiblement, le contre-feu allumé par le gouvernement la veille et le jour même annonçant qu'on ne toucherait pas aux régimes spéciaux (ceux des assimilés fonctionnaires) a été le chiffon rouge pour les salariés du privé qui en ont conclu qu'ils allaient être les dindons de la farce...

Comme souvent, la CGT a fourni le gros des effectifs, près de la moitié des manifestants, la CFDT un bon quart et les quatre autres organisations le reste des troupes, le PS (dont Michel Dinet) et les partis à sa gauche fermant le ban, l'extrême-gauche ne s'étant pas déplacée. Le thème de la retraite est sans doute moins mobilisateur pour les plus jeunes, quoique les étudiants de l'UNEF aient fait du bruit comme quatre pour réclamer « un an de cotisation pour un an d'études », en squattant l'abribus de la rue Poincaré ! Le cortège est passé pour une fois par la rue Charles III, la CGT ayant été volontairement optimiste, sur la longueur attendue du cortège. Elle n'avait pas tort. On pouvait même toucher les deux bouts du cortège depuis la rue la mieux évitée : la rue du Four ! 

Guillaume MAZEAUD