Un flashmob militant

Publié le 01/04/2011 à 00H00
Les sans-abri sont remis à la rue, La FNARS s'insurge à 120 voix simultanées.
Un flashmob militant
Un flashmob militant
Les sans-abri sont remis à la rue, La FNARS s'insurge à 120 voix simultanées.

© L'Est Républicain, Vendredi le 01 Avril 2011 / Nancy

 

Lecture d'une seule voix des 120 manifestants flasmobeurs. Photo Denis MOUSTY

COMME A LA MESSE. Plus de 120 personnes lisent le texte d'une seule voix : « Stop à cette politique inhumaine, qui remet les personnes sans abri à la rue au printemps. » Les quatre côtés de la place Stan s'en font l'écho. Tous les haut-parleurs sont en action.

Hier, la flashmob avait une dimension sociale. À l'appel de la FNARS, Fédération nationale des associations d'accueil, une protestation était soulevée hier contre la fin, ce matin, de l'hébergement hivernal d'urgence. Fin brutale. Et contre l'évolution en Lorraine de la politique d'hébergement social.

« L'État nous a annoncé que l'enveloppe allouée aux centres d'hébergement d'urgence et d'insertion allait devoir baisser de 14 % sur 10 ans », s'indigne Jean-Marie Morel, président de la FNARS. « C'est simple, on va perdre environ 400 places d'hébergement. Côté emploi, ça va se traduire par la suppression de 180 postes, joli plan social ! »

La chasse au DAHO

La pilule est énorme à avaler. Et le directeur du Grand Sauvoy ne croit pas du tout à la méthode homéopathique promise. « On nous annonce une baisse de 0,7 % seulement pour 2011, mais les administrations décentralisées, elles, nous font part d'une autre réalité : -3 à 5 %. »

Quant à la trêve hivernale, elle ne connaîtra aucun sursis. Traduction : 40 personnes à Nancy seront poussées dehors vendredi matin, autant à Metz ! Direction la rue, une réalité que Saïd a connue pendant deux ans, et qu'il redoute plus que tout. « Oui, la rue c'est dur, faut pas croire. Maintenant, je suis au Grand Sauvoy, et c'est important pour moi d'avoir ça. Sinon... »

De leur côté, les personnels ont tout aussi peur de l'avenir, et viennent même de former une intersyndicale régionale CFDT-CGT-FO-Sud. « 17 postes seraient supprimés dès cette année sur les structures d'hébergement dans le 54 », souligne ainsi Monique Chalubiec. « En fait, le gouverne- ment veut favoriser l'accès à la location plutôt que d'en passer par des places d'hébergement. Mais c'est au passage sacrifier tout l'accompagnement social. Avec un risque énorme de décrochage du processus de réinsertion. » Surtout, les travailleurs sociaux se scandalisent que la Lorraine soit particulièrement visée : « Les besoins y sont massifs, mais l'État a retenu d'abord que la région faisait peu valoir le DAHO, droit à l'hébergement opposable », explique Stéphane Reinert, de la CFDT. « Puisque c'est ça, il faut faire en sorte que les usagers s'emparent de ce droit ! » Dont acte.

Lysiane GANOUSSE