Une manif imposante

Publié le 02/05/2010 à 00H00
C'EST UNE MANIFESTATION, c'est une fête, et c'est aussi un rituel. À 10h30, chacun était à sa place, la fourgonnette de la CGT toutes oriflammes flottant au vent, sono tonitruante, a donné le signal du départ.
Une manif imposante
Une manif imposante
C'EST UNE MANIFESTATION, c'est une fête, et c'est aussi un rituel. À 10h30, chacun était à sa place, la fourgonnette de la CGT toutes oriflammes flottant au vent, sono tonitruante, a donné le signal du départ.

Dimanche 02 Mai 2010, © L'Est Républicain 
 
Les manifestants, nombreux, n’ont pas été rebutés par la petite pluie indécise.Photos Dominique CHARTON

Mais personne n’était pressé d’en découdre, le rassemblement place Stan étant plutôt agréable.On peut y acheter son muguet, enfourner un maximum de tracts en un minimum de temps, et faire le compte des drapeaux colorés qui évoquent des temps beaucoup plus anciens, quand ils claquaient au vent lors des guerres des chevaliers.Une armée, c’est un peu ça. Ils sont tous en ordre de bataille, les Sud, les CGT, les UNSA, les PS, les Gauche alternative, les NPA, les trotskistes, les anars, et la marée rouge des Turcs, plus Kurdes que Turcs d’ailleurs, qui ne se mélangent pas même entre eux et ferment la marche. Tous les ans plus nombreux, un peu les troupes auxiliaires de ce peuple en armes.

Un patriote breton

Mais la métaphore guerrière ne doit tout de même pas être poussée trop loin car c’est aussi une fête, où l’on vient souvent en famille, où papa et maman sont aussi déguisés que les enfants, où l’on rivalise d’ingéniosité pour porter des messages (il y a même un patriote breton qui manifeste sous son propre drapeau?!) comme cet homme qui a couvert de slogans sa casquette de base-ball, avec un brin de muguet là où d’autres mettraient une plume.Slogan du jour, les retraites, souvent rythmé par les tambours de guerre ou de fête de la Batucada del Mondo, et puis l’Internationale, pour les anciens, car les poings levés et ceux qui connaissent les paroles sont largement minoritaires ! Par contre, tout le monde est heureux d’entendre la voix chaude de Jean Ferrat, pendant que, lentement, le cortège, qui a tourné tout le temps à gauche, mais en passant par la gare, rejoint irrésistiblement la Vieille Ville et sa dislocation.Pour une fois, la police et les syndicalistes sont d’accord. 2500 manifestants, dont 500 Turcs en queue de défilé.« C’est pas mal », remarque Alain Pora, secrétaire de l’UL-CGT. « Mieux que l’année dernière, alors qu’il pleut et qu’il y a quatorze manifestations aujourd’hui. »Le 1er mai social ne s’est pourtant pas arrêté à l’heure de la soupe. L’après-midi, il se poursuivait à la Pépinière, avec la CFDT et une kyrielle de stands écolo, alternatifs et solidaires, plus des animations qui là aussi se sont moquées de la petite pluie indécise qui ne se décidait pas à tomber vraiment. Elle est comme nos retraites. On ne sait pas trop si et quand…

Guillaume MAZEAUD