Lassitude dans les rangs

Publié le 12/10/2011 à 00H00
À Bar-le-Duc, le rassemblement concluant la journée d'action interprofessionnelle a peu mobilisé.
Lassitude dans les rangs
Lassitude dans les rangs
À Bar-le-Duc, le rassemblement concluant la journée d'action interprofessionnelle a peu mobilisé.

© L'Est Républicain, Mercredi le 12 Octobre 2011 / 24 heures Meuse

 

Place Reggio, les rangs étaient clairsemés exprimant une certaine résignation. Photo Daniel WAMBACH

une petite centaine, pas plus ! Les leaders des quatre organisations syndicales -- CGT, CFDT, FSU ET UNSA -- ont dû se rendre à l'évidence, hier.

Leur appel à la journée d'action interprofessionnelle a fait flop.

Pourtant, la mobilisation dans l'Éducation Nationale du 27 septembre pouvait laisser présager un autre scénario. Il n'en fut rien.

Cette fois, seule la CGT appelait ses adhérents à la grève. Mais peu de salariés et agents de la fonction publique ont débrayé.

« On arrive rarement à mobiliser fortement à l'approche d'un rendez-vous électoral » tente d'expliquer Doris Warth, secrétaire de l'UD. « Les gens ont l'esprit ailleurs et ils se focalisent sur les présidentielles. En tous les cas, ce n'est pas en attendant sans rien faire qu'on verra un changement dans la politique de casse actuelle du gouvernement ».

Le militant CGT continue de croire qu'il faut maintenir la pression. « On va opérer un matraquage de communication dans les entreprises pour expliquer les enjeux de ce qui se trame ».

Et de rappeler les récentes mesures gouvernementales prises dans l'urgence pour résorber les déficits publics : taxation des complémentaires santé, poursuite des suppressions d'emploi dans la fonction publique (14.000 postes d'enseignants à la rentrée 2012), « alors que les plus riches et les patrons sont à peine mis à contribution par des « mesurettes perlinpin » vocifère un manifestant en allant acheter sa canette de soda à la camionnette syndicale qui accompagne d'ordinaire tous les rassemblements.

Didier Bertrand, secrétaire de l'union départementale CFDT, fait lui aussi un peu grise mine. « On savait qu'on ne serait pas très nombreux. D'ailleurs, nous, on n'appelait pas à la grève. Avec un pouvoir d'achat en berne, c'est difficile pour les salariés de débrayer ».

Pourtant, l'heure de la manifestation, à 17 h, permettait pour la plupart d'éviter de chômer une journée.

Mais visiblement, le coeur n'y était pas. Et Didier Bertrand reconnaît que « c'est une vraie déception par rapport aux manifs qui ont mobilisé comme la réforme des retraites ».

Sans doute, le mot d'ordre manquait-il cette fois de visibilité pour mettre dans la rue des centaines de personnes.

« C'est difficile », admet Patrice Ancelin (FSU). « On sent un ras-le-bol manifeste. Sur les retraites, il y a eu peu d'avancées. Et forcément, ça génère de la déception ».

Pas sûr dès lors que mêler des revendications tous azimuts -- défense du pouvoir d'achat, de l'emploi, réforme globale de la fiscalité, réduction des inégalités, meilleure répartition des richesses -- cristallise les énergies.

Ludovic Lerat (UNSA) en convient : « il y a une certaine résignation et on va réfléchir à d'autres formes d'action pour ne pas laisser le champ libre aux seuls politiques ».

Gérard BONNEAU