Troisième couche

Publié le 24/03/2010 à 00H00
Après les urnes, la rue a parlé hier. Les Meusiens se sont mobilisés en masse pour défendre leur emploi, les salaires et leurs retraites.
Troisième couche
Troisième couche
Après les urnes, la rue a parlé hier. Les Meusiens se sont mobilisés en masse pour défendre leur emploi, les salaires et leurs retraites.

Mercredi 24 Mars 2010, © L'Est Républicain / 24_HEURES_MEUSE

 
Troupes remobilisées, le printemps social risque d'être chaud.
Un an après les grandes manifestations du printemps dernier, on prend les mêmes ou presque. Seules manquaient à l'appel FO et la CGC pour que l'unité syndicale soit totale.
Pas de quoi ébranler le moral des manifestants. Ils sont venus nombreux (600 selon les syndicats, 450 de sources officielles) défiler dans les rues du chef-lieu, avant de se retrouver sous les fenêtres de la préfecture, au milieu des terrasses de bistrots qui étaient de sortie par cette journée printanière.
En tête du cortège, le gros des troupes de la CGT et de la CFDT, suivies des autonomes de l'UNSA, la CFTC, Solidaire (SUD), mais aussi la FSU de l'enseignement, des retraités verdunois venus en voisin avant de remettre ça l'après-midi lors du défilé dans la cité de la paix...

Supprimer le bouclier fiscal


En queue de peloton, bras dessus bras dessous, une centaine de lycéens se sont également joints au mouvement. L'occasion de montrer leur détermination derrière deux banderoles : « Nos lycées ne sont pas à vendre », « L'éducation, c'est pas comme au marché, on négocie pas ». Deux messages qui avaient de quoi laisser perplexe ! Les calicots de leurs aînés étaient plus explicites : « Pour une retraite digne », « Retraités floués », « Défendons nos emplois pour vivre », « Halte au lynchage du service public »... « Nous sommes ici pour marquer le terrain de nos revendications », explique le secrétaire départemental CFDT, Didier Bertrand. « Les salariés l'ont fait dans l'isoloir. Aujourd'hui, ils confirment. Le gouvernement doit montrer, par un signe fort, qu'il entend l'expression populaire. En supprimant le bouclier fiscal, il contribuerait à l'effort des plus riches alors que la crise touche en premier les plus faibles ». Sur la place Reggio, un mégaphone crachait comme un leitmotiv le désarroi des manifestants : 11.500 chômeurs en Meuse (en totalisant les catégories A, B et C à la recherche d'un emploi), vagues de suppression de postes dans la fonction publique « avec des effets désastreux sur les conditions de travail », misère sociale des petites pensions de retraite, pouvoir d'achat en berne alors que l'inflation repart à la hausse et que les négociations salariales sont au point mort dans de nombreuses entreprises... « La politique sociale n'est pas à la hauteur des enjeux », déplore Didier Bertrand. « Si le gouvernement en reste à son mini-remaniement ministériel, en continuant d'ignorer nos revendications, il prend le risque d'une explosion sociale. Partout, le climat est très tendu ».


 

Gérard BONNEAU