«Touche pas à ma Poste»

Publié le 23/09/2009 à 06H59
Défilé, revendications, motion déposée en préfecture... Hier matin, près de deux cents postiers de Moselle sont venus à Metz « pour dire non à la privatisation et défendre le service public ».
«Touche pas à ma Poste»
«Touche pas à ma Poste»
Défilé, revendications, motion déposée en préfecture... Hier matin, près de deux cents postiers de Moselle sont venus à Metz « pour dire non à la privatisation et défendre le service public ».

«Privatiser les services publics, c'est favoriser les services privés!» ont scandé les manifestants.
«Privatiser les services publics, c'est favoriser les services privés!» ont scandé les manifestants.

Il y a un peu plus de trente ans, Francis est entré «dans un service public par choix ». Aujourd’hui, ce guichetier de La Poste, basé aux Hauts-de-Blémonts, a le sentiment de se trouver «dans une entreprise qui doit uniquement dégager des profits ». Il soupire : «Je ne suis pas commerçant et tout n’est pas à vendre. Moi, je pense qu’on pourrait continuer à fonctionner sans avoir besoin de tout changer ». Seulement, «notre société change. Nous par exemple, on avait des usagers… on va avoir des clients ». Une transformation difficile à accepter : «La Poste prend le même chemin que France Telecom… Ça fait peur. Et puis il y a ces emplois supprimés, ces agences fermées… Et ça, ça fait mal ». Pour Francis, la retraite n’est plus très loin, mais il pense à ceux qui vont lui succéder : «Ceux qui arrivent sont des contractuels, ils seront obligés de se plier aux nouvelles directives pour garder leur emploi ». Reste donc la mobilisation, comme cette manifestation qui a conduit, hier, près de deux cents employés de la grande poste à la préfecture. «Mais notre engagement ne sera pas suffisant. Il nous faut l’aide du public, des associations, des élus… » Rue Gambetta, place Mondon et de la République, rue Serpenoise… Les drapeaux bleus, oranges, rouges et jaunes, de la CFTC, de la CFDT, de la CGT, de FO et de Sud flottent au vent. Dans les hauts-parleurs, Renaud, Manu Chao et Cali, appellent à la révolte.

Tous contre «l’idéologie libérale »

En fin de matinée, le cortège fait une halte devant la poste du centre Saint-Jacques. Dans les hauts parleurs, la voix de Stéphane Brion, responsable de la CFTC des postes de Moselle résonne : «Le constat est accablant. Les réorganisations et restructurations s’accompagnent de suppressions d’emplois, d’intensification du travail et génèrent mal-être, insécurité et souffrance au travail ». Il poursuit : «Malgré les assurances de La Poste et du gouvernement, ne nous trompons pas : ce sont bien le maintien du service public et sa qualité qui sont mis à mal. Ce sont les citoyens qui paieront le prix de ce que nous qualifions d’idéologie libérale ». Des propos approuvés par des cris et des applaudissements. 
Non loin du camion CFDT, Jacques, facteur en Moselle-Est, explique : «Les effectifs sont réduits, alors notre temps de travail s’allonge. Aujourd’hui, tout est calculé par ordinateur. C’est lui qui détermine le temps nécessaire pour chaque tournée, qui ne correspond pas forcément à la réalité. De toute façon, on nous demande juste d’être plus productifs. Plus rentables. Et ce au détriment de nos conditions de travail et de la qualité du service rendu aux usagers ».

Une motion déposée

A la fin du parcours, une délégation intersyndicale est reçue en préfecture par Christine Wils-Morel, sous-préfète de Metz-Campagne. «Nous lui avons remis une motion, qui indique que nous sommes contre le changement de statut de La Poste, qui découle d’un choix purement économique. Nous rappelons également que si l’Etat nous versait les dividendes qu’il nous doit, nous aurions moins de problèmes financiers », indique Stéphane Brion. Par ailleurs, chaque commune de Moselle a reçu un 'kit de vote', afin que du 28 septembre au 3 octobre, les citoyens puissent donner leur avis. «Les postiers sont responsables de leur avenir, mais les élus et les usagers aussi. A présent, la balle est dans leur camp ». A bon entendeur.

Sandra CRANÉ.
Publié le 23/09/2009 (Metz Ville)


Action du 22 septembre à la poste