« Tous ensemble, tous ensemble » à Florange

Publié le 12/10/2011 à 00H00
Les syndicats mosellans ont tenté, hier , l'expérience de la « manif délocalisée », inédite dans le cadre d'une journée nationale d'action. Avec 1 500 participants, il se confirme que Florange devient un symbole de la crise sociale !
« Tous ensemble, tous ensemble » à Florange
« Tous ensemble, tous ensemble » à Florange
Les syndicats mosellans ont tenté, hier , l'expérience de la « manif délocalisée », inédite dans le cadre d'une journée nationale d'action. Avec 1 500 participants, il se confirme que Florange devient un symbole de la crise sociale !

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 12 Octobre 2011 / Région /

 

 

On a repéré dans le cortège de Florange, aux côtés des gros bataillons de la sidérurgie ou de la chimie des banderoles et des tracts pas très courants, émanant des grandes surfaces. Photo Philippe NEU.

Florange, dont on a lu le nom sur une banderole, hier, à Marseille, tend ces jours-ci à devenir le centre du monde. Ou, au moins, le symbole de la mondialisation qui met à genoux la classe ouvrière. C'est bien ainsi, en tout cas, que l'entendaient les organisations syndicales qui ont, hier, « décentralisé », de Metz à Florange, la manifestation mosellane contre le plan de rigueur. Une expérimentation inédite dans le cadre d'une journée nationale d'action, qui a porté ses fruits : environ 1 500 manifestants ont fait le déplacement des quatre coins du département pour assurer les sidérurgistes de leur solidarité, et pour dire, comme l'explique le toujours charismatique porte-parole de l'intersyndicale d'ArcelorMittal, Édouard Martin, que « le combat pour l'emploi, c'est le combat de tous ».

Après le succès de l'opération « Vallée morte » de l'autre samedi, le pari n'était pas évident. Les responsables de l'intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires ont pu pousser un ouf de soulagement en voyant converger vers les Grands Bureaux de Florange autocars et covoiturages, pour une vivifiante marche de deux kilomètres et demi vers la cokerie de Serémange. Soulagement, sans euphorie : la CGT a rameuté pas loin des deux tiers de la troupe, les autres syndicats compensant leur faiblesse numérique par la force des sonos.

« Emploi, salaire, santé »

Sans doute les tergiversations accumulées depuis des semaines par les états-majors sur la forme de la journée d'action ont-elles découragé les moins motivés. À l'inverse, les mots d'ordre et les sujets d'inquiétude ne manquent pas, ces temps-ci, pour inciter les uns et les autres à affronter la grisaille. C'est ainsi qu'on a repéré dans le cortège de Florange, aux côtés des gros bataillons de la sidérurgie ou de la chimie, des banderoles et des tracts pas très courants, émanant des grandes surfaces (Cora, Darty, Ikéa...), des fonctions publiques, des travailleurs frontaliers regroupés derrière l'OGBL... Et, saluée par des ovations, une forte délégation des hospitaliers d'Alpha Santé, venus depuis Hayange en opération-escargot.

« Nous sommes ici pour dire que ça suffit ! », a martelé, au nom de l'intersyndicale, Denis Pesce, dirigeant de la CGT 57. Répétée en boucle, une somme : les 2,4 milliards de profits, en dollars, réalisés par le groupe Mittal au premier semestre, au regard des emplois menacés de part et d'autre de la frontière. à quoi Denis Pesce rajoute une louche qui n'est pas sans rappeler la contestation de la réforme de la retraite : « Le paradoxe de notre pays tient à ce qu'une partie des salariés souffre de trop de travail, de stress et d'une usure physique prématurée, quand d'autres souffrent de ne plus en avoir. »

« Emploi, salaires, santé : nous n'avons rien à lâcher », affichait la banderole unitaire, hier à Florange. Trois thèmes qui, semble-t-il, ont suffi pour que l'expérience de la « manif délocalisée » mosellane soit une relative réussite. En attendant, a promis l'intersyndicale, « un mouvement encore plus fort ».

Bernard MAILLARD.