ATTENDU A METZ LUNDI - Raymond Aubrac : «Tant que je peux, je témoigne»

Publié le 19/09/2009 à 09H51
«Tant que je peux bouger, je continue ». En tant que «vieux témoin de la Résistance », Raymond Aubrac, 95 ans, sera à Metz, ce lundi 21 septembre, à l'invitation de l'Union territoriale des retraités CFDT de Hagondange et environs.
ATTENDU A METZ LUNDI - Raymond Aubrac : «Tant que je peux, je témoigne»
ATTENDU A METZ LUNDI - Raymond Aubrac : «Tant que je peux, je témoigne»
«Tant que je peux bouger, je continue ». En tant que «vieux témoin de la Résistance », Raymond Aubrac, 95 ans, sera à Metz, ce lundi 21 septembre, à l'invitation de l'Union territoriale des retraités CFDT de Hagondange et environs.


Raymond Aubrac : «Je suis inquiet, car certains acquis, comme la sécurité sociale, sont remis en cause».

. A 15h, il rencontrera trois cents lycéens de l’établissement Robert-Schuman et, à 18h, il animera un grand débat public sur la protection sociale à l’hôtel de ville. Aux premiers, il parlera d'«espoir » et de cet «élan vital » dont ils ne devraient jamais se départir. Aux seconds, il racontera ce qui l'«inquiète » plus que jamais : cette «régression que nous connaissons, par rapport aux espoirs qu’a apportés la Libération », notamment en terme de protection sociale.
Vous rencontrez régulièrement des élèves de collège et de lycée, comment percevez-vous la jeunesse actuelle ?
Je trouve que les adolescents sont désabusés et inquiets face à l’avenir, surtout ces dernières années. Les résistants étaient tous des optimistes. Il s’agissait, la plupart du temps, de jeunes gens qui espéraient en un avenir meilleur et qui étaient prêts à se battre, malgré les risques qu’ils pouvaient prendre. Quand je leur parle de cette période, les étudiants d’aujourd’hui sont toujours très intéressés et posent beaucoup de questions. Quant à moi, j’essaie de leur laisser un peu d’optimisme et de confiance en eux.
Vous-même, vous êtes inquiet lorsque vous pensez à l’avenir ?
Oui, je trouve que cet état d’esprit est inquiétant dans un pays riche, qui a beaucoup de moyens. La Résistance a d’ailleurs beaucoup contribué au prestige de la France. A la fin de l’occupation, le CNR [Conseil national de la Résistance, ndlr] avait préparé un programme qui avait été accepté à l’unanimité par une assemblée qui rassemblait toutes les sensibilités politiques. Il comprenait, entre autres, la mise en place de la Sécurité sociale (grâce à l’Ordonnance de 45). Nous voulions amener des progrès, nous avions des objectifs, des plans d’avenir, à moyen et long terme. Aujourd’hui, je me pose des questions, parce que je ne vois pas de politique à long terme et certains acquis sont remis en cause, comme la Sécurité sociale ou l’enseignement.
Pensez-vous que les gens en ont conscience ?
Moi, j’en ai conscience et j’ai du mal à imaginer ce que sera notre pays dans 25, 30 ou 50 ans. Et personne, pour le moment, ne nous aide à y voir plus clair. Ni le gouvernement, ni l’opposition. Tous sont en général davantage préoccupés par des problèmes plus immédiats, comme les prochaines échéances électorales… Quant aux syndicats, je regrette qu’ils ne soient pas plus nombreux, ni plus agissants.
L’Union territoriale des retraités CFDT mène, pour sa part, de nombreuses actions…
C’est vrai et j’espère que, lundi, ils vont m’apprendre beaucoup de choses. Ce qui est sûr, c’est que nous devons tous faire un effort sérieux, afin que nous sachions vers quel avenir nous allons. Si les gens ont des objectifs, ils auront le courage de se mobiliser. L’important, c’est de toujours garder espoir.

Propos recueillis par Sandra CRANÉ.
Contact : Union territoriale des retraités CFDT de Hagondange et environs, tél. 03 87 71 43 30.

Publié le 19/09/2009 (Metz Orne/A la Une)