COCKERIE DE CARLING - Les syndicats veulent repousser le plan de sauvegarde de l'emploi

Publié le 02/09/2009 à 08H49
A Carling, le personnel « de plus en plus en désorienté » et les syndicats veulent repousser le projet de Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), tant que le sujet du repreneur ne sera pas « épuisé ».
COCKERIE DE CARLING - Les syndicats veulent repousser le plan de sauvegarde de l'emploi
COCKERIE DE CARLING - Les syndicats veulent repousser le plan de sauvegarde de l'emploi
A Carling, le personnel « de plus en plus en désorienté » et les syndicats veulent repousser le projet de Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), tant que le sujet du repreneur ne sera pas « épuisé ».

Les cokiers du poste de matin se sont invités à la réunion ! » Le rendez-vous matinal de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC-CFTC-FO avec la direction s’est transformée, hier matin, en un échange interminable entre le PDG de Cokes de Carling, Michel Escoin, et quelque 150 cokiers venus perturber la rencontre programmée avec les représentants du personnel.
«C’est dire combien les salariés de la cokerie sont désorientés et ne comprennent plus. Ils ont le sentiment que la direction fait traîner l’histoire du repreneur pour entretenir un climat de paix sociale et mieux nous imposer son plan de fermeture », s’irrite Michel Weinert, de la CFE/CGC. Mais l’intersyndicale ne veut pas se laisser embarquer dans ce processus. «Nous voulons faire repousser ce projet de PSE, tant que l’on n’aura pas fini avec la question du repreneur », affirme Jean-Jacques Bour, de la CGT. Mais la direction maintient fermement le comité d’entreprise de demain, qui doit évoquer le plan de sauvegarde de l’emploi et le projet de licenciement économique pour 166 salariés de l’établissement, qui en compte 400.

«Un PSE a minima indigne !»

«On aimerait bien connaître le point de vue de l’actionnaire Rogesa que l’on n’a jamais pu rencontrer », insiste pour sa part Jurgen Martin, de la CDFT. Ce dernier veut pourtant bien croire qu’il existe encore une petite chance de reprise de la cokerie. De fait, Michel Escoin aurait, de source syndicale, parlé de trois candidats potentiels encore en lice. Parmi eux, un trader anglais, qui souhaiterait faire commerce du coke lorrain sur le marché, mais dont les prétentions exorbitantes et l’absence de projet industriel auraient rebuté l’actionnaire sarrois. Ce trader aurait adressé une lettre d’intention dès le 14 août, ce qui ne manque pas de surprendre les syndicats qui ne l’ont appris qu’hier. Deux autres industriels cette fois, un groupe indien et un allemand, sont encore intéressés et les négociations se poursuivent toujours sous le sceau de la confidentialité. «Mais allez savoir si notre actionnaire serait tenté de céder la cokerie à un concurrent », s’interroge encore un membre d’une intersyndicale, toujours aussi «soudée et déterminée à obtenir la suspension du plan de sauvegarde de l’emploi, tant que se négociera la possibilité d’une reprise du site », indique Michel Weinert. Et puis, un dernier point pourrait sérieusement déteriorer le climat social à la cokerie : le contenu du PSE. «C’est un plan a minima, indigne. Il n’y a quasiment rien dedans », s’insurge Jean-Jacques Bour qui se demande dans quelle configuration sera discuté ce PSE. «Est-ce le groupe Rogesa, fort de 10 000 personnes, qui est impliqué ou simplement la filiale française ? Si c’est le groupe sarrois, il devra justifier de la fermeture de la cokerie », dit le représentant de l’intersyndicale. Ce dernier craint visiblement que le CE extraordinaire de demain ne soit d’ores et déjà compromis.

Bernard KRATZ.
Publié le 02/09/2009 (France et Monde)