Cours en plein air pour sauver l'école

Publié le 16/01/2011 à 00H00 (mis à jour le 21/01/2011 à 09H22)
Les syndicats enseignants et de parents d'élèves ont monté, hier matin, une classe sauvage, à l'entrée de la rue Serpenoise. Objectif : mobiliser la population pour enrayer la baisse programmée du nombre de professeurs.
Cours en plein air pour sauver l'école
Cours en plein air pour sauver l'école
Les syndicats enseignants et de parents d'élèves ont monté, hier matin, une classe sauvage, à l'entrée de la rue Serpenoise. Objectif : mobiliser la population pour enrayer la baisse programmée du nombre de professeurs.










© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 16 Janvier 2011 / MTZ
 
« Plus de 35 élèves par classe, c'est impensable »,selon les syndicats. Photo Karim SIARI. 

Au dernier rang, Stéphane et ses copains sont déjà dissipés. A peine assis, le sac encore sur le dos, ils rigolent et chuchotent. Distraits, ils n'écoutent pas Dominique, la bonne élève, placée comme toujours devant le bureau du professeur, réciter sa leçon d'économie. « En 2011, soldes monstres dans l'Education nationale en Moselle, tout va disparaître. »

Son camarade, Jean-Marc Marx, se veut précis en mathématiques : « Dans l'académie Nancy-Metz, 822 postes d'enseignants vont être supprimés. La Moselle va être la plus touchée car le ministère considère que, jusqu'ici, le ratio nombre d'élèves/professeur était plus favorable qu'ailleurs. Nous sommes particulièrement inquiets pour les Rased, les Réseaux d'aides aux élèves en difficulté. Certains ont déjà été supprimés et les professeurs ne sont plus formés. On étouffe doucement le système... » Des chiffres se sont abattus jeudi sur la tête du monde enseignant. 122 postes vont être supprimés dans les écoles primaires, 60 dans les collèges, 230 dans les lycées.

« Cela devient insupportable »

Dans la classe sauvage montée, hier matin, rue Serpenoise, à Metz, par l'intersyndicale rassemblant les syndicats enseignants et ceux des parents d'élèves, l'ambiance devient grave quand le maître d'école, Laurent Schmitt, rappelle quelques règles de vie au sein du système d'enseignement de demain : « L'effet cumulé des dernières décisions dans le domaine devient insupportable. Ces dernières années, ils ont déjà utilisé toutes les ficelles possibles et imaginables pour diminuer le nombre de professeurs, et baisser les coûts. En Moselle, on connaît les classes à 35 élèves. A 36, 37 ou plus, ce n'est pas pensable. »

Décidés à alerter la population et à la mobiliser pour la prochaine manifestation nationale organisée le 22 janvier, les syndicats présents reprennent leur cours magistral. Dominique s'y colle : « Dans notre région, il y a globalement un manque de qualifications. Chez nous, le système éducatif doit donc être un instrument à surveiller particulièrement. L'augmentation des qualifications des élèves doit être un objectif prioritaire. Malheureusement, les mesures annoncées vont dans le sens contraire. »

Laurent Schmitt a bien potassé son sujet et apporte des éléments concrets sur les établissements du secteur messin : « Dans le dernier rapport, on apprend par exemple que l'ensemble scolaire Schuman va être privé de huit ou neuf postes. A Talange, l'établissement professionnel Eiffel va perdre sans doute neuf professeurs. Voilà l'école de demain. »

K. G.


 


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