ECONOMIE METZ - Avenir de Cokes de Carling : 200 salariés battent le pavé

Publié le 12/09/2009 à 09H22
Les salariés en danger de la cokerie de Carling ont exprimé leurs inquiétudes, hier matin, dans les rues de Metz. Peut-être le dernier acte fort de leur combat...
ECONOMIE METZ - Avenir de Cokes de Carling : 200 salariés battent le pavé
ECONOMIE METZ - Avenir de Cokes de Carling : 200 salariés battent le pavé
Les salariés en danger de la cokerie de Carling ont exprimé leurs inquiétudes, hier matin, dans les rues de Metz. Peut-être le dernier acte fort de leur combat...

200 cokiers de Carling ont défilé, hier à Metz, accompagnés par des élus de Carling, Saint-Avold, Faulquemont et L’Hôpital.
200 cokiers de Carling ont défilé, hier à Metz, accompagnés par des élus de Carling, Saint-Avold, Faulquemont et L’Hôpital.

Ils sont venus en tenue de travail. En blouse grise et chaussures de sécurité. Port du casque obligatoire. En descendant de leurs bus hier matin, devant la gare de Metz, les 200 cokiers de Carling savent qu’ils abattent leur dernière carte. Les élus des communes de Carling, Saint-Avold, Faulquemont et L’Hôpital sont là également, «pour montrer qu’on reste uni dans la difficulté», explique l’un d’eux.

Tout ou presque a déjà été raconté sur l’avenir bouché de leur entreprise, sur leur avenir sans voie de recours. Ils voient le 15 septembre se rapprocher trop rapidement. Le couperet et la fin de leur métier aussi, comme l’a annoncé depuis un moment le sidérurgiste d’outre-rhin Rogesa, leur patron victime de la crise. Mais ils sont quand même là, avec leurs drapeaux, leurs slogans, leurs pétards, et leurs gueules d’hommes durs au mal, qui collent parfaitement avec l’image qu’on se fait des miniers. Ils sont aussi venus raconter leurs doutes, mais aussi leurs espoirs.
«On croit à la reprise. On n’a pas le droit d’abandonner l’entreprise maintenant, annonce un représentant de FO. Oui, il y a des chances que ça se termine bien. C’est ce qui explique qu’il n’y a aucun débordement depuis le début de l’affaire. Les salariés n’ont envie que d’une chose, c’est travailler. En étant là, on montre que le personnel et les représentants sont unis en comptant fortement sur le comité de pilotage. L’important, c’est de montrer notre sérieux vis-à-vis de futurs repreneurs. » Le cortège bruyant marche déjà vers la préfecture, conduit aux chants des «Cokiers oui, chômeurs non ! » Avant qu’on entende le traditionnel «Motivé, motivé ! Il faut rester motivé ! »
Motivés, les cokiers ? «Ça devient dur, reconnaît l’un des jeunes de la troupe. J’y crois plus trop. Plus les jours passent, plus on se dit que ça devient compliqué. Le plus frustrant, c’est qu’on n’a pas toutes les cartes en main.» «Sans rapport de force, on n’y arrivera pas, intervient un ancien de la maison, aujourd’hui retraité. C’est comme ça qu’on peut faire pression. Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est gentil mais ça n’apportera rien.» Le ton résigné monte progressivement de la colonne. Il y a des sourires mais… «Que voulez-vous, on fait ce qu’on peut. Mais l’action syndicale a ses limites, commente un représentant CFDT. Si derrière, il n’y a pas de relais politique, c’est compliqué.» «Moi, je commence déjà à regarder ailleurs», avoue un autre salarié.
Devant le parvis de la préfecture, les manifestants ont attendu plus d’une heure la sortie de l’intersyndicale reçue pour le troisième comité de pilotage (lire ci-contre). Peu de personnes ont quitté les lieux avec le sourire.

K. G.
Publié le 12/09/2009 (France et Monde)