Forte mobilisation dans les rues de Metz

Publié le 28/05/2010 à 00H00
Ils étaient 5 000 (2 350, selon la police) à manifester contre la réforme des retraites hier au centre-ville de Metz. C'est plus que lors du rassemblement interprofessionnel du 23 mars.
Forte mobilisation dans les rues de Metz
Forte mobilisation dans les rues de Metz
Ils étaient 5 000 (2 350, selon la police) à manifester contre la réforme des retraites hier au centre-ville de Metz. C'est plus que lors du rassemblement interprofessionnel du 23 mars.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 28 Mai 2010 / MTZ /

 

Le cortège a manifesté lentement dans les rues du centre-ville de Metz hier depuis la gare jusqu'à la place de la préfecture. Photo Karim SIARI.

Les bus déversent des milliers d'hommes et de femmes sur la place De-Gaulle, à Metz. A peine le pied dehors, ils enfilent leur chasuble orange (CFDT) ou bleu roi (CFTC), ils passent les bras dans un gilet rouge (CGT), déploient des banderoles au nom des comités locaux pour défendre les retraites, animés depuis peu par des forces de gauche, ou collent des étiquettes pour faire valoir la pénibilité de leur travail.

Le bus d'EdF a volontairement pris son temps pour arriver de Thionville et provoqué un bouchon de 10 km sur l'A 31.

« Je n'ai pas commencé à cotiser »

François sort d'un car en provenance de Freyming-Merlebach. C'est un ancien mineur de fond. Il hurle pour couvrir les sonos poussées à fond par chaque organisation : « Nous, les mineurs, on a pu partir en retraite à 45 ans. Mais on est solidaires avec les personnels du régime minier ». Eric, 42 ans, fait partie des 2 000 personnes qui travaillent à la Caisse régionale de sécurité sociale dans les mines : « Sarkozy avait pourtant dit qu'il ne toucherait pas au régime minier, que c'était sacré ! », regrette-t-il.

Sous un grand chapiteau dressé sur la place par la Caravane des entrepreneurs, Johanna, jolie brunette de 28 ans, présente aux passants son activité de modelage à la cire. « J'ai démarré mon entreprise il y a un an et demi. Je n'ai pas encore commencé à cotiser pour la retraite. Ils ont raison de râler contre la réforme »... Le cortège s'engage dans la rue Gambetta. Ils sont 5 000, selon les manifestants ; 2 350, selon la police. « En tout cas, beaucoup plus que pour la manifestation du 23 mars ! », se réjouit un manifestant au poncho rouge. « Je pense qu'on n'est pas assez nombreux. Le gouvernement risque d'aller plus loin si on n'est pas plus mobilisés », estime Pascal Dahlem, président de l'Union départementale CFTC.

« Moi, je suis persuadée que notre mobilisation peut faire fléchir le gouvernement ! Les salariés doivent entendre qu'on les endort ! », oppose Dominique Marchal, secrétaire générale de la CFDT. Le petit Antoine, 11 ans, a collé une main jaune sur son front et ce message : « Touche pas à mon école » de Valleroy, où des classes doivent fermer. Son équipe a rejoint les enseignants mosellans mobilisés pour leur retraite. A Metz, 58 % d'entre eux ont fait grève hier, dans le primaire.

Avenue Robert-Schuman, un vieil homme attend son bus : « Moi, je travaillais dans un laboratoire métallurgique à Woippy. Je suis parti à la retraite à 62 ans, au lieu de 60 ans, parce que je n'avais pas assez de points. Voilà 15 ans... » Le cortège s'étire. Son bus n'est pas près d'arriver. Mais il apprécie le spectacle.

C. K.