Hôpitaux : la cocotte-minute au bord de l'explosion

Publié le 11/03/2011 à 00H00
Pour les syndicats, c'est désormais toute l'offre de soins dans le Bassin houiller qui serait clairement menacée. Pour eux, l'Etat prépare un désert sanitaire entre Metz et Sarreguemines. Ils sonnent la mobilisation générale.
Hôpitaux : la cocotte-minute au bord de l'explosion
Hôpitaux : la cocotte-minute au bord de l'explosion
Pour les syndicats, c'est désormais toute l'offre de soins dans le Bassin houiller qui serait clairement menacée. Pour eux, l'Etat prépare un désert sanitaire entre Metz et Sarreguemines. Ils sonnent la mobilisation générale.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 11 Mars 2011 / FOR + STA
 

 

Brigitte Fidry (FO Lemire), ici entourée de Pierre Steuer (CGT Hospitalor), Marc Reisdorf (FO Hospitalor), Vincent Weyland (CGT Hospitalor) et Hubert Leininger (CFDT santé sociaux de la Moselle), pense que la mobilisation sera forte samedi à Forbach. Photo Philippe RIEDINGER

Cette fois, l'heure est grave et tous les syndicats des six établissements de santé du Bassin houiller ont appelé, très haut et fort, à manifester ce samedi, à partir de 14 h, à Forbach. Le rassemblement aura lieu, symboliquement, au carrefour entre les deux hôpitaux encore en exercice dans la ville, le centre hospitalier public Marie-Madeleine et Hospitalor Sainte-Barbe. Les manifestants, « ils seront très nombreux » assurent les organisateurs, se rendront en cortège dans les rues forbachoises. Une délégation devrait ensuite être reçue en sous-préfecture. « Nous avons même demandé à voir un représentant de notre tutelle, l'agence régionale de santé (ARS) », témoigne Brigitte Fidry, FO centre hospitalier Lemire Saint-Avold.

Pour l'intersyndicale FO, CFDT, CGT, CFTC, Sud, CFE-CGC, le projet de restructuration intermédiaire des hôpitaux du Bassin houiller conduira à la création « d'un désert sanitaire entre Metz et Sarreguemines avant même la création du PTU ». Car ce PTU, grand hôpital du Bassin houiller pour lequel l'Etat a promis une enveloppe de 80 MEUR, constitue l'objectif final, horizon 2015. Mais un objectif final ayant pris la forme d'une chimère pour les syndicats (lire ci-dessous).

Courant janvier, les responsables syndicaux sont en effet tombés de leur chaise en apprenant le contenu de ce projet intermédiaire. « Il a été pondu par l'ARS et les directeurs des hôpitaux d'Unisanté et Hospitalor, prévient Brigitte Fidry, Nous avons demandé à être reçus par l'ARS dans la foulée mais le rendez-vous prévu le 27 janvier a été annulé. On savait qu'il allait y avoir des concessions à faire mais on ne s'attendait pas à ce massacre ».

400 suppressions d'emplois ?

Selon les syndicats, le projet prévoit « la fermeture de la chirurgie programmée à Marie-Madeleine Forbach pour la transférer à Hospitalor Saint-Avold, la fermeture des lits de médecine spécialisées de Lemire Saint-Avold (gastro-entérologie, pneumologie, cardiologie) avec transfert à Hospitalor Saint-Avold mais uniquement des postes de médecins, la fermeture d'unités de stérilisation, de radiologie, de laboratoires... » Des mesures qui s'ajouteraient à celles déjà annoncées, comme la disparition totale d'Hospitalor à Forbach (Sainte-Barbe) ou la fermeture de la maternité pédiatrie à Hospitalor Saint-Avold.

« Le directeur d'Unisanté (Marie-Madeleine et Lemire) l'a annoncé à Saint-Avold lors d'une réunion qui laissera des traces : c'est la promesse de la suppression de 400 emplois dans le secteur. Le personnel était abasourdi. Des équipes médicales, compétentes, formées, expérimentées, vont exploser. Privé ou public, aucun établissement ne sera épargné », poursuit Brigitte Fidry. Surtout, les syndicats estiment qu'aucune concertation n'a été menée : « Reconversion, indemnités de mobilité, plan de départs en retraite... rien n'est prévu ».

Bref, dans le Bassin houiller, le monde médical est devenu une cocotte-minute au bord de l'explosion. A force de tergiversations, l'offre de soins dans le Bassin houiller va-t-elle se réduire comme peau de chagrin ? L'enjeu est de taille. Samedi, dans la rue et en sous-préfecture, les syndicats réclameront l'abandon d'un projet intermédiaire qu'ils jugent « incohérent et destructeur ». La balle sera ensuite dans le camp des pouvoirs publics. Brigitte Fidry n'écarte pas l'hypothèse d'une demande de rendez-vous au ministère de la Santé si rien n'évolue.

Stéphane MAZZUCOTELLI.