Les anciens mineurs grognent en force à Paris

Publié le 18/03/2010 à 00H00
Près de 600 mineurs du Bassin houiller sont montés à Paris, hier, pour protester contre la fin du remboursement de certaines dépenses de santé. Ils étaient entre 1 500 et 2 000 à défiler dans les rues.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 18 Mars 2010. / Lorraine / Société 


Près de 2 000 personnes ont manifesté, hier à paris, pour protester contre la remise en cause du régime spécifique accordé aux mineurs.
Entre 1 500 et 2 000 personnes (selon les forces de l'ordre et les syndicats) ont manifesté, hier à Paris, à l'appel d'une intersyndicale de mineurs (CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE/CGC). L'objet de leur grogne ? La suppression du remboursement de leurs déplacements vers les spécialistes, ainsi que la prise en charge du transport et de l'hébergement des cures. Sont également visées les dépenses en médicaments, en dehors des 63 pharmacies minières, pour lesquelles les affiliés ne bénéficieront plus systématiquement de la gratuité.Ces avantages ont pourtant été acquis grâce à leur régime spécifique. « C'est suite à nos conditions de travail particulières que nous avons eu un régime particulier. C'est un droit acquis au nom de la pénibilité du travail des mineurs », estime Luc Meichelbeck, secrétaire général de la section régionale des mineurs CFDT. Il dénonce le comportement du gouvernement « qui donne d'une main pour reprendre ensuite des deux. Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ne toucherait pas au régime des mineurs et voilà où nous en sommes à présent. »Une décision qui a du mal à être acceptée par les 200 000 mineurs affiliés que compte la France, dont près de la moitié souffrirait de maladies professionnelles, cancers de l'amiante et silicose en tête.
Hier matin, après s'être rassemblés devant la Caisse nationale des mines, les manifestants se sont ainsi dirigés vers le ministère de la Santé où une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de Roselyne Bachelot. A la sortie, la déception était toutefois palpable. « Les réponses apportées ne sont pas satisfaisantes. Une commission devrait être mise en place afin de réfléchir sur le décret qui met fin à la gratuité de nos soins. Pour nous, le gouvernement cherche surtout à gagner du temps en espérant que le mouvement s'essouffle », explique Francis Gawin, secrétaire général adjoint de la section CGT des mineurs du Bassin houiller, qui promet prochainement d'autres manifestations, mais dans les régions cette fois.