Plan Sarkozy-Mittal : le compte n'y est pas

Publié le 22/01/2009 à 18H32
Le plan de revitalisation du bassin de Gandrange ne répondrait pas tout à fait aux promesses faites par Nicolas Sarkozy. Les centrales à gaz de Poweo n'y sont plus, le centre de formation est réduit à sa plus simple expression et le soutien à la sous-traitance sous-estime les besoins.
Plan Sarkozy-Mittal : le compte n'y est pas
Plan Sarkozy-Mittal : le compte n'y est pas
Le plan de revitalisation du bassin de Gandrange ne répondrait pas tout à fait aux promesses faites par Nicolas Sarkozy. Les centrales à gaz de Poweo n'y sont plus, le centre de formation est réduit à sa plus simple expression et le soutien à la sous-traitance sous-estime les besoins.

Le compte n’y est pas. Les centrales à gaz Poweo promises pour Gandrange ont disparu du projet de revitalisation, et le montant des investissements est loin d’être garanti.
«Cette convention s’appuie sur une étude d’impact réalisée l’été dernier. Elle ne prend pas en compte la crise. On n’a aucune assurance sur les 1,6 M€ d’investissements de Florange. Que met-on à la place des centrales à gaz de Poweo ? On aimerait vraiment des engagements écrits de Mittal.» Pour Michel Liebgott, député-maire PS de Fameck, la réunion pour la revitalisation du bassin de Gandrange, convoquée hier matin par le préfet de région, Bernard Niquet, laisse un goût d’inachevé.
«C’est une affaire bâclée. Le ministre Luc Châtel voulait sa convention de revitalisation pour le 15 janvier, on nous la promet pour la fin du mois. C’est mal engagé », constate de son côté Jacky Mascelli, de la CGT. Edouard Martin (CFDT) le dit haut et fort : «Le centre de formation technique promis ne formerait que 20 sidérurgistes au lieu des 120 espérés. Quand on connaît les besoins en formation dans la sidérurgie, le compte n’y est pas. Et que dire de la promesse de Sarkozy de faire venir Poweo dans la vallée de l’Orne. C’est raté
Les premières réactions à cette rencontre de consultation sur le plan de revitalisation, prévu par la loi dans le cadre de l’arrêt de l’aciérie de Gandrange, ne sont pas très engageantes. Pourtant Daniel Soury-Lavergne, le directeur général d’ArcelorMittal France, fonde «de très gros espoirs sur le projet de haut fourneau pilote avec la technologie de captage stockage de CO2 pour les installations des aciers plats de Florange et pour lequel ArcelorMittal et ses partenaires de ULCOS doivent statuer courant 2009. » Il assure par ailleurs que «les investissements annoncés sur Florange le 16 avril 2008 sont maintenus».

Un fonds lorrain des matériaux

Une autre des annonces phare du plan Mittal-Sarkozy du printemps 2008 concerne le fonds lorrain de 20 M€ (10 M€ du sidérurgiste, 10 M€ de l’Etat et des collectivités territoriales), destiné à soutenir le financement en fonds propres de projets de développements technologiques portés par des PME. Il visera à renforcer la filière des matériaux. Ce fonds lorrain des matériaux devrait promouvoir des activités innovantes, valoriser le potentiel du site de recherche d’ArcelorMittal à Maizières-lès-Metz (ex-Irsid) et renforcer le pôle de compétitivité des matériaux du Mipi (matériaux intelligents-produits innovants).
Mais là aussi, Patrick Abate, élu du conseil régional, exprime sa déception de voir le sidérurgiste limiter sa participation de 0,6 à 1,6 M€ dans l’organisme de capital investissement régional (ILP, Institut lorrain de participation).
Enfin, élus et syndicats constatent que l’étude d’impact «sous-estime complètement l’impact de l’arrêt de Gandrange sur la sous-traitance. Les sous-traitants sont un peu les oubliés», alors que le plan de revitalisation devrait prévoir un soutien à la sous-traitance.

Bernard KRATZ.

Publié le 14/01/2009