Pour que la réforme batte en retraite

Publié le 25/06/2010 à 00H00
"Touche pas à ma retraite !" Hier, le slogan a été entendu dans les rues de Metz, mais à Thionville aussi la mobilisation contre la réforme du système de retraite a fait écho. Chaud devant : le militantisme réinvestit la rue.
Pour que la réforme batte en retraite
Pour que la réforme batte en retraite
"Touche pas à ma retraite !" Hier, le slogan a été entendu dans les rues de Metz, mais à Thionville aussi la mobilisation contre la réforme du système de retraite a fait écho. Chaud devant : le militantisme réinvestit la rue.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 25 Juin 2010 / THI
 

 

Issus du privé ou du service public, syndicalistes ou grévistes non cartés ont pu se retrouver au pied du temple de Thionville, hier matin. « Une habitude à (re) prendre », selon la CGT. Photos Pierre HECKLER

Près de 80 % de grévistes recensés dans les écoles primaires de Thionville et environs. Le Centre des impôts de Hayange fermé. Neuf grévistes sur douze employés au Centre de distribution du courrier de Guénange, Quelque 40 % des personnels de la Centrale de Cattenom absents. C'est peu dire qu'hier la Journée d'action sur la réforme des retraites a été suivie dans le Thionvillois.

D'autres signes de cette mobilisation ? La vingtaine de voitures parties (à la vitesse de l'escargot) rejoindre la manifestation à Metz. Ou ces cinq bus affrétés par la CGT et la CFDT au départ des Grands-Bureaux florangeois d'ArcelorMittal. « Et puis il y a aussi cet espace ! », ne manquait pas de pointer Jean-Louis Grégoire, délégué syndical, en montrant la moitié de la place du marché occupé par la camionnette rouge et blanche de la CGT et ses militants. « Nous avons en effet décidé d'intensifier notre visibilité à l'heure des conflits. Depuis trop longtemps, seule Metz avait droit à sa mobilisation. Désormais, dans la seconde ville du département aussi, les hommes et les femmes qui souhaitent lutter auront un point où échanger, réfléchir avant d'agir ici ou là. C'est une habitude à (re) prendre. »

Et le cheminot de commencer déjà à faire monter la température. Avec quelques chiffres en guise de 'carburant pour la colère' des quelque 80 personnes rassemblées. « Sarkozy veut faire peser le poids de sa réforme des retraites sur les seuls salariés. Je préférerais qu'il m'explique comment on a pu laisser le déficit des régimes de retraite passer de 2,2 milliards en 2006, à 10,9 en 2009 et 32 cette année. Je n'ai vraiment pas l'impression que le nombre de retraités ait explosé d'autant ! Par contre, les cotisations patronales, elles, ont sérieusement été allégées. Cherchez l'erreur ! »

Tenir la place

Une vague d'applaudissements, quelques coups de vuvuzelas : la Journée de mobilisation gagne quelques degrés supplémentaires sur les coups de midi. « Maintenant, à chaque nouvelle manifestation sur la réforme des retraites notamment, nous essayerons de tenir la place à Thionville. Une habitude à reprendre », insiste Jean-Louis Grégoire auprès des grévistes rassemblés dans les odeurs de grillades. Sous le soleil dardant, les militants s'amusent : « Et dire que l'on promet une rentrée sociale plus chaude encore au gouvernement ! Qu'est-ce qu'il va prendre... »

P.J.