Ras-le-bol à l'écluse 27

Publié le 04/05/2011 à 00H00
Le mouvement national de contestation des services de la navigation a affecté le trafic sur le canaldes Houillères de la Sarre. A Sarreguemines, le personnel gréviste a bloqué l'écluse 27 jusqu'à hier après-midi.
Ras-le-bol à l'écluse 27
Ras-le-bol à l'écluse 27
Le mouvement national de contestation des services de la navigation a affecté le trafic sur le canaldes Houillères de la Sarre. A Sarreguemines, le personnel gréviste a bloqué l'écluse 27 jusqu'à hier après-midi.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 04 Mai 2011 / SRG

 

Hier matin, les grévistes bloquaient l'écluse 27 à Steinbach, empêchant les plaisanciers de passer.Le barrage a été levé à 13 h et la navigation a repris. Photo Thierry NICOLAS

Trois bateaux amarrés en amont, quatre en aval. Certes, le canal des Houillères de la Sarre ne supporte pas le même trafic que celui de la Moselle. Mais les grévistes ont tenu à marquer le coup en bloquant l'écluse 27, située à Steinbach. Quelques plaisanciers en ont fait les frais. « Mais eux aussi sont concernés par le mouvement. Ils se plaignent de l'automatisation des écluses, des contacts qui sont de moins en moins nombreux le long des canaux », assure Yves Hoffmann, agent d'exploitation, gilet orange de la CFDT sur le dos.
Le refusdu privé

Avec ses collègues de la subdivision de Sarreguemines-Mittersheim, ils ont tenu le piquet de lundi matin jusqu'à mardi 13 h. Le barrage a été levé suite à l'annonce de discussions le 12 mai au ministère de l'Ecologie. La raison de leur colère : la volonté affichée de l'Etat de reverser le personnel des services de la navigation, dont ils font partie, aux Voies navigables de France (VNF). Car il ne faut pas se fier aux apparences. S'ils portent la tenue bleu et vert de VNF, ils sont pour l'instant mis à sa disposition. Mais bénéficient toujours du statut de fonctionnaires. Si le projet de l'Etat est maintenu, les employés des services de la navigation seront définitivement transférés à VNF, un établissement public d'intérêt commercial, à partir du 1er janvier 2013.

Les grévistes voient cette évolution, « sans aucune négociation ni aucun accord de [leur] part », d'un très mauvais oeil. Ils craignent pour leur métier, leur avenir. « Nous avons tous autour d'une trentaine d'années de service et on veut nous jeter comme cela dans le domaine privé, sans savoir quel sera notre statut, peste Robert Leyser, chef d'équipe d'exploitation. Nous voulons rester fonctionnaires, garder notre rémunération. Il y a quelques années déjà, ils voulaient nous refourguer à la région... »

L'avenir inquiète

Les grévistes s'inquiètent pour leurs conditions de travail. Robert Leyser pointe du doigt la réduction des effectifs ces dernières années, avec des départs à la retraite non compensés, et une dégradation des infrastructures, faute de moyens. « On a un savoir-faire qui va se perdre, argue un salarié. Et ce n'est pas en supprimant des postes que l'on va relancer le transport fluvial, comme le préconise le Grenelle de l'environnement. »

Le devenir du canal des Houillères est également au centre des préoccupations. « On ne sait pas ce que vont devenir les petits canaux comme le nôtre. Si VNF dit qu'il n'est pas rentable, peut-être le fermeront-ils ? », s'interroge Robert Leyser.

Autant d'incertitudes sur lesquelles les grévistes veulent lever le voile. Ils espèrent avoir des réponses à la mi-mai. En attendant, la navigation a repris.

Pascal MITTELBERGER. Lire égalementen pages Région.