Région - SARKOZY A GANDRANGE : "NOUS CROYONS EN L'AVENIR DE LA LORRAINE"

Publié le 16/10/2009 à 00H00
Plus de vingt mois après sa première visite, Nicolas Sarkozy est finalement revenu jeudi à Gandrange pour une visite surprise qui a pris de court syndicalistes et élus locaux. Le chef de l'Etat a annoncé à cette occasion qu'un marché de 350 millions d'euros avait été décroché par une société voisine du site d'ArcelorMittal, permettant la pérennisation de centaines d'emplois dans la sidérurgie lorraine. Il est allé ensuite visiter Pompidou-Metz.
Région - SARKOZY A GANDRANGE : "NOUS CROYONS EN L'AVENIR DE LA LORRAINE"
Région - SARKOZY A GANDRANGE : "NOUS CROYONS EN L'AVENIR DE LA LORRAINE"
Plus de vingt mois après sa première visite, Nicolas Sarkozy est finalement revenu jeudi à Gandrange pour une visite surprise qui a pris de court syndicalistes et élus locaux. Le chef de l'Etat a annoncé à cette occasion qu'un marché de 350 millions d'euros avait été décroché par une société voisine du site d'ArcelorMittal, permettant la pérennisation de centaines d'emplois dans la sidérurgie lorraine. Il est allé ensuite visiter Pompidou-Metz.

Très critiqué la semaine dernière pour une visite en Moselle qui ne l'a pas menée à Gandrange, M. Sarkozy a admis avoir commis 'une erreur'. 'Quitte à venir en Lorraine, j'aurais dû venir à Gandrange et à Metz. Je me suis dit, j'ai dit à mon équipe: eh bien on va y retourner', a-t-il souligné à l'issue d'une réunion technique à la mairie de Gandrange.
L'occasion pour le président de la République de laisser derrière lui les polémiques parisiennes sur son fils Jean ou le bouclier fiscal, et de remettre son costume préféré d'homme proche des ouvriers et proche du peuple. 'Il fallait que j'y retourne, puis que je réannonce quelque chose', a reconnu M. Sarkozy qui avait promis en février 2008 aux salariés d'ArcelorMittal qu'il ne les laisserait pas tomber après la fermeture partielle du site sidérurgique.
'On a travaillé d'arrache-pied depuis le début de la semaine et on a obtenu de RFF (Réseau ferré de France, NDLR) l'engagement de faire construire pour six ans des rails, des chemins de fer. C'est un chantier de plusieurs années. C'est 300 millions d'euros, c'est des centaines d'emplois qui sont préservés, c'est 35 millions d'euros d'investissement sur le site', s'est félicité le chef de l'Etat.
Le marché public de fabrication de rails d'acier porte sur un total 350 millions d'euros et a été attribué à la société anglo-néerlandaise Corus Hayange, située à une dizaine de kilomètres de Gandrange. Un investissement de 35 millions d'euros sera nécessaire pour moderniser les installations et pérenniser l'activité de la société, a-t-on indiqué de même source. M. Sarkozy a également suggéré que les anciens sous-traitants d'ArcelorMittal bénéficient d'une partie des retombées de ce nouveau contrat.
La visite surprise du chef de l'Etat a pris de court les élus locaux et les syndicalistes qui se réunissaient en comité technique jeudi après-midi. Pour les syndicats, la visite du chef de l'Etat vient 'trop tard'. 'Le directeur de l'usine n'était même pas là', a regretté Edouard Martin de la CFDT.
'Un président de la République qui vient pour dire simplement qu'il va respecter la parole (qu'il a) donnée il y a trois mois, cela fait un peu court. Un président de la République qui ne revient pas par contre sur l'engagement qu'il avait pris fermement de maintenir l'aciérie, c'est quand même scandaleux et c'est ce que la CGT lui a dit', a souligné Xavier Phan Dinh, délégué CGT ArcelorMittal.
Enfin, la députée socialiste Aurélie Filipetti a raillé une 'astuce politique' permettant de faire oublier les ennuis de la majorité présidentielle. 'C'est une manière assez surprenante de faire de la politique, de suivre des dossiers industriels qui demandent du long terme. En même temps, si c'est efficace, tant mieux', a-t-elle ironisé.
Le 4 février, alors que le groupe sidérurgique du magnat indien Lakshmi Mittal venait d'annoncer la suppression de 575 des 1 108 emplois sur le site mosellan, le chef de l'Etat avait lancé aux ouvriers: 'Je reviendrai pour annoncer (une) solution'. Une promesse qu'il avait réitérée en février dernier à la télévision.
'J'avais demandé à M. (Lakshmi) Mittal quatre engagements. Trois ont été scrupuleusement respectés: remettre 30 millions d'euros dans le site, (...) créer une école de formation, 10 millions d'euros pour revitaliser', a expliqué M. Sarkozy le 5 février 2009 au cours d'une intervention télévisée.
A cette occasion, le chef de l'Etat avait reconnu que la question de l'installation sur place d'un site de captage et de stockage de CO2 n'avait pas été réglée. Il avait aussi admis que le groupe électrique Poweo, pressenti pour une implantation en Moselle, avait renoncé à cause de la crise.

Le groupe sidérurgique indien a procédé à une restructuration drastique avec la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes, entraînant la suppression de 575 emplois sur 1 108 postes sur le site mosellan. La fermeture est intervenue le 31 mars dernier.
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Après la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange, premières analyses