RL 1er mai : «Demain, on continue...»

Publié le 02/05/2009 à 00H00 (mis à jour le 07/05/2009 à 09H31)
Le soleil est là, le moral, un peu moins, mais l'espoir, toujours, les pousse à marcher et à crier leur colère. Hier matin, ils étaient près de dix mille à fouler le pavé messin.
RL 1er mai : «Demain, on continue...»
RL 1er mai : «Demain, on continue...»
Le soleil est là, le moral, un peu moins, mais l'espoir, toujours, les pousse à marcher et à crier leur colère. Hier matin, ils étaient près de dix mille à fouler le pavé messin.

Près de dix mille manifestants ont investi  les rues  de Metz  au son,  entre  autres,  du groupe Flying Orkestar.
Près de dix mille manifestants ont investi les rues de Metz au son, entre autres, du groupe Flying Orkestar.
 

Hier, 10h30. Le cortège quitte la place Charles-de-Gaulle, direction la place Raymond-Mondon. A sa tête, des membres de la CFTC, avec leurs drapeaux bleus, puis le centre hospitalier de Lorquin, la CFE-CGC et ses bannières blanches… C’est parti pour près d’une heure et demi de marche dans les rues de Metz. Avenue Robert-Schuman, rue du Coëtlosquet, place Saint-Martin, rue Lasalle, rue des Augustins, rue Vauban et retour à la gare. Ils sont environ dix mille. Il y a les habitués des manifs, comme ce sexagénaire, béret sur la tête, qui arbore un antique tee-shirt à la gloire du Che. Mais aussi des petits nouveaux. Telle Camille, seize ans : «Mes parents sont dans la galère, alors je suis là pour les soutenir. Et puis j’ai peur pour mon avenir ». Yvonne, elle, n’avoue pas son âge, mais donne un petit indice : «J’avais une trentaine d’années en 68, et, à l’époque, je ne me sentais pas du tout concernée par la révolte des jeunes et leurs revendications. Mais aujourd’hui, je vois les difficultés rencontrées par mes enfants et mes petits-enfants, et aussi tout ce qu’on nous montre à la télé : les fermetures d’usines, ces familles qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois… Alors je me suis dit que je devais venir. C’est un devoir de citoyen ».

Actifs et retraités

Derrière elle, la caravane orange et vert de la CFDT et ce slogan sur un panneau : «Bouclier fiscal, non ; justice sociale, oui ». Toutes les professions adhérentes sont représentées. Les salariés de l’usine Peugeot-Citroën des sites de Metz et Trémery sont là. Les métallurgistes aussi. Il y a également les anciens, qui demandent «des retraites pour vivre et non pour survivre ». Derrière eux, des demoiselles de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) chantent, et des jeunes filles de l’Association des travailleurs de Turquie de la Vallée de la Fensch dansent. Le cortège se poursuit avec les adhérents CGT et leurs drapeaux rouges qui scandent : «La crise, c’est eux ; la solution, c’est nous », ou encore «Aujourd’hui dans la rue ; demain, on continue ». Il y a, entre autres, et dans le désordre, les douanes, la mairie de Thionville, France Telecom, les retraités et veuves de retraités des Tabacs de Metz, les métallurgistes et, bien entendu, les salariés d’Arcelor-Mittal de Florange et leurs collègues de Gandrange.

«Ras-le-bol»

Des professeurs du lycée André-Citroën ont aussi fait le déplacement avec leur banderole «Suppression d’heures = élèves sacrifiés ». En plus mauvaise posture encore, des enseignants et des parents d’élèves de Robert-Schuman ont apporté une pancarte «Non à la fermeture du collège ». Suivent l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui assure que «Y’en a ras-le-bol de ces guignols, qui ferment les usines, qui ferment les écoles », mais aussi la Ligue des droits de l’Homme, les Verts, le Parti socialiste, le Parti communiste, le Snuipp (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC), le Snes (Syndicat national des entreprises de sécurité), la FAFPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale), Lutte ouvrière, Sud, la CNT… Tous scandaient : «Qui sème la misère, récolte la colère, Sarkozy au Kärcher».

Sandra CRANÉ.
Publié le 02/05/2009 (metz Ville)

 


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