SOCIAL CARLING - La déception des cokiers

Publié le 04/09/2009 à 06H58
Les mesures sociales proposées en vue de la fermeture de la cokerie de Carling ont fait bondir les salariés. Seuls deux reclassements seraient envisagés pour l'instant. Le personnel parle de provocation.
SOCIAL CARLING - La déception des cokiers
SOCIAL CARLING - La déception des cokiers
Les mesures sociales proposées en vue de la fermeture de la cokerie de Carling ont fait bondir les salariés. Seuls deux reclassements seraient envisagés pour l'instant. Le personnel parle de provocation.

A l'annonce des mesures prises par la direction,  les salariés de la cokerie de Carling ont affiché leur déception.
 l'annonce des mesures prises par la direction, les salariés de la cokerie de Carling ont affiché leur déception.

Le face-à-face n’a pas dérapé, mais il a été très tendu. Michel Escoin, PDG de Cokes de Carling, n’a pas été retenu contre son gré dans le petit bungalow où avait lieu le comité d’entreprise d’hier. Mais, alors qu’une cinquantaine de cokiers avaient quitté leur poste pour venir mettre fin à la réunion, il a bien dû répondre à quelques questions précises concernant l’avenir du site. Le dialogue est resté respectueux, mais les salariés n’en ont pas moins martelé leur déception, énorme, après l’annonce des mesures que la direction envisage de mettre en place au cas où la cokerie viendrait à fermer, le 15 octobre prochain. L’hypothèse de la reprise n’ayant plus qu’une chance sur dix d’aboutir, de l’aveu même des patrons de Rogesa, l’actionnaire unique de Cokes de Carling.

Au ras des pâquerettes

«Ce qui est proposé aujourd’hui par la direction, c’est une provocation : à peine deux reclassements, rien sur la revitalisation du site et des indemnités au ras des pâquerettes. On veut nous liquider à charge de l’Etat comme si on était une petite PME, alors qu’on fait partie d’un groupe de 10 000 personnes qui peut avoir des moyens. L’actionnaire doit prendre ses responsabilités. Nous avons fait suspendre le comité d’entreprise et nous nous réunirons, syndicats et personnels, dès lundi, pour élaborer des contre-propositions sérieuses, ambitieuses. Il nous faudra du temps car nous voulons consulter tous les salariés. Nous ne reviendrons en CE que quand nous serons prêts. On parlera sur nos bases. La direction a toujours dit que les cokiers de Carling méritaient le respect. Ce respect, nous voulons qu’il s’exprime dans le PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi). Or, pour l’instant, ce n’est pas le cas et la patience des gars arrive au bout du bout », remarque Jean-Jacques Bour (CGT).

«C’est du chantage»

Les autres délégués du personnel sont sur la même longueur d’onde : «Jusqu’à aujourd’hui, les salariés de la cokerie sont restés calmes er responsables. Ils n’ont pas perturbé la marche de l’entreprise, ils n’ont pas séquestré leur patron ou menacé de faire exploser l’usine… Maintenant, ils veulent qu’on leur propose des choses sérieuses », poursuit Michel Weinert (CFE/CGC). Jurgen Martin (CFDT) a interpellé Michel Escoin : «Vous nous aviez promis un bon PSE il y a trois mois. Aujourd’hui, nous sommes très déçus ». Le PDG a assuré qu’il défend cette usine mais, il a demandé aux syndicats d’aller vite, «car l’actionnaire n’attendra pas l’éternité. Attention, si vous êtes trop longs les moyens du PSE vont fondre encore davantage ». Réplique ferme et immédiate de Franck Peltier et Frédéric Blum, jeunes délégués du personnel : «Cela ressemble à un chantage. Nous prendrons le temps qu’il faudra. Si vous vouliez aller vite, il fallait faire des propositions décentes dès le début ». Michel Escoin a proposé de se revoir le 10 septembre. «Le temps de consulter tous les salariés, pas avant le 17 », rétorque Jean-Jacques Bour. Et pour prouver leur détermination, les élus du comité d’entreprise vont même assigner la société Cokes de Carling en référé afin de solliciter la suspension, par la justice, de la procédure de plan social tel que voulait l’engager la direction.

Stéphane MAZZUCOTELLI.
Publié le 04/09/2009 (France et Monde)