SOCIAL COCKERIE DE CARLING - La patience des salariés a atteint ses limites

Publié le 04/09/2009 à 00H00 (mis à jour le 05/09/2009 à 06H47)
La direction de Cokes de Carling a fait une proposition de plan social dans l'optique d'une fermeture de l'usine au 15 octobre prochain. Une proposition que les salariés ont jugée indigne. Les syndicats en appellent même à la justice.
SOCIAL COCKERIE DE CARLING - La patience des salariés a atteint ses limites
SOCIAL COCKERIE DE CARLING - La patience des salariés a atteint ses limites
La direction de Cokes de Carling a fait une proposition de plan social dans l'optique d'une fermeture de l'usine au 15 octobre prochain. Une proposition que les salariés ont jugée indigne. Les syndicats en appellent même à la justice.


Il y a trois mois, vous nous avez demandé de rester calmes et on l’a fait. On n’a pas mis le bordel. Mais maintenant, on voudrait s’y retrouver. Et ce que vous proposez aujourd’hui, ce n’est pas possible. L’usine de Carling, puisqu’il n’y a pas d’autre solution et qu’on n’y peut rien, on peut la fermer correctement, sans gêner personne, même dans quinze jours si vous voulez. Mais vous devez nous proposer mieux en terme d’emploi, de perspective d’avenir, de reclassement… Vous voulez aller vite ? Alors faites de meilleures propositions.
»
Ce n’est pas un opiniâtre syndicaliste, ni un cadre expérimenté de l’entreprise qui interpelle ainsi Michel Escoin, PdG de Cokes de Carling. C’est Arnaud, jeune salarié de la cokerie et père de deux enfants en bas âge. Après son intervention, Arnaud a été applaudi pas tous hier matin, alors qu’une cinquantaine de cokiers avaient fait irruption dans un bungalow où avait lieu le comité d’entreprise de l’usine.
Au programme de ce CE : la proposition de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) de la direction dans l’optique d’une fermeture très probable de la cokerie au 15 octobre prochain. Une proposition au «ras des pâquerettes », selon l’expression de Jean-Jacques Bour (CGT). A peine deux reclassements, rien sur la revitalisation du site, des indemnités au minimum légal… Les cokiers sont estomaqués.

Question de respect

«On nous a toujours fait des compliments sur notre travail, notre comportement pendant cette crise. La direction a dit : les cokiers de Carling méritent le respect. Ce respect, nous voulons qu’il se manifeste dans le plan social », poursuivent, d’une même voix, Jean-Jacques Bour (CGT), Michel Weinert (CFE-CGC) et Jurgen Martin (CFDT).
Du coup, le comité d’entreprise et la procédure d’information/consultation sur le plan social a été suspendue jusqu’à nouvel ordre. «Nous voulons consulter le plus de salariés possibles pour établir des contre-propositions décentes, ambitieuses. On veut discuter sur nos bases. On commence ce travail dès lundi. Cela prendra du temps », note Jean-Jacques Bour.
Michel Escoin tente de presser son monde mais, face à un personnel dont la patience a atteint ses limites, il se heurte à un mur. «Nous prendrons le temps qu’il faudra pour élaborer notre contre-projet », rétorque sèchement Frédéric Blum, délégué du personnel. La direction aimerait qu’un nouveau CE se tienne le 10 septembre. Jean-Jacques Bour avance une autre date : «Nous ne devrions pas être prêts avant le 17 ». Les syndicats ne veulent plus se faire imposer un calendrier. Une façon de montrer que l’exaspération monte d’un cran à la cokerie.

Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 04/09/2009 (Saint-Avold & Freyming-Merlebach)