SOCIAL MOUVEMENT NATIONAL HIER - SITE DE CARLING : LE DEMANTELEMENT QUI FAIT MAL

Publié le 20/03/2009 à 00H00
Hier, journée d'action au niveau national, les salariés de la plate-forme chimique de Carling, encore touchés par les restructurations, étaient en première ligne à Saint-Avold. L'employeur Total et le Gouvernement sont au banc des accusés.
SOCIAL MOUVEMENT NATIONAL HIER - SITE DE CARLING : LE DEMANTELEMENT QUI FAIT MAL
SOCIAL MOUVEMENT NATIONAL HIER - SITE DE CARLING : LE DEMANTELEMENT QUI FAIT MAL
Hier, journée d'action au niveau national, les salariés de la plate-forme chimique de Carling, encore touchés par les restructurations, étaient en première ligne à Saint-Avold. L'employeur Total et le Gouvernement sont au banc des accusés.


Les 'Total' de Carling, sous les bannières de la CGT, de la CFTC, de la CFDT et de FO, étaient en première ligne à Saint-Avold. Soutenus par leurs collègues d’Arkema, Protelor ou Altuglas, autres entreprises du site chimique.Filtrage aux entrées de la plate-forme de Carling hier matin. Les syndicats continuent de dénoncer «le cynisme» du géant Total.

L’affaire Total a fait grand bruit la semaine dernière. Le pétrolier milliardaire qui tue des emplois par centaines : forcément, beaucoup ont eu du mal à l’avaler. Même le jeune secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez, s’en était ému, se déclarant carrément «scandalisé »… avant d’être torpillé par son Premier ministre qui, lui, estime que Total est une grande et belle entreprise qui crée «plus d’emplois qu’elle n’en supprime ».

Tout compte fait, ce n’est pourtant pas le cas à Carling où le grand groupe a décidé la disparition d’une soixantaine de postes d’ici 2012. Suppressions qui s’ajoutent au 243 déjà décidées en 2006. Et ce n’est pas l’annonce, pour le moment au conditionnel, de l’installation d’une usine d’assemblage de panneaux solaires à Porcelette qui contrebalancera le phénomène. La chimie lourde se meurt en Moselle-Est. C’est cela que les grévistes de la plate-forme de Carling ont martelé, hier, à l’occasion de la grande journée de mobilisation contre tous les maux de la société française version 2009.
«Vaste tromperie»
Les 'Total' de Carling, sous les bannières de la CGT, de la CFTC, de la CFDT et de FO, étaient en première ligne à Saint-Avold. Soutenus par leurs collègues d’Arkema, Protelor ou Altuglas, autres entreprises du site chimique. Les installations majeures de la plate-forme ont été mises en sommeil. Les entrées des usines ont été filtrées. Et, symboliquement, les grévistes sont venus en ville, en milieu de matinée, pour bloquer une station-service Total, à l’entrée nord de la ville, avec distribution de tracts aux automobilistes. En accusation : les dirigeants du grand groupe pétrolier et François Fillon. «Le Gouvernement et Total font front contre l’intérêt du pays et des salariés », martèle la CGT. Le syndicat en profite pour répondre, point par point, aux stratèges en communication de Total : «Les raisons de ces restructurations qui supprimeront 550 emplois en France ? C’est une stratégie de démantèlement des sites français au profit de projets dans des pays sans contraintes réglementaires en sécurité, hygiène et environnement. Total va investir en Algérie pour 4 milliards de dollars et en Arabie Saoudite pour 10 milliards. Il s’agit de réelles délocalisations ». Quand l’entreprise insiste sur l’absence de licenciements secs et les embauches à venir, les syndicats s’étranglent : «Vaste tromperie ! Les prévisions d’embauches ne sont que les recrutements visant au renouvellement de la pyramide des âges, ce ne sont pas des créations d’emplois […] Total oublie aussi les centaines de licenciements qui se produiront chez les sous-traitants qui dépendent de ses activités ». Enfin, sur l’importance des investissements consentis par la multinationale en France, la réponse syndicale est cinglante : «Le milliard d’euros annoncé comprend les mises aux normes réglementaires, donc les obligations, et les adaptations aux arrêts d’activité. Car, paradoxalement, des investissements sont essentiels… pour démanteler ». Hier après-midi, les 'Total' de Carling ont rejoint le cortège des manifestants à Metz. Les bus affrétés depuis Saint-Avold ont eu un beau succès. «Notre action s’inscrit pleinement dans cette journée nationale de mobilisation interprofessionnelle contre les déréglementations économiques et sociales », estiment les porte-parole de la CGT de Carling. Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 20/03/2009 - Forbach