SOCIETE AUJOURD'HUI A METZ - Raymond Aubrac : l'important c'est de toujours garder l'espoir

Publié le 21/09/2009 à 07H23
Aujourd'hui, à 18 h, à l'invitation de l'Union locale CFDT des retraités de Hagondange et environs, Raymond Aubrac animera un débat public sur la protection sociale, à l'hôtel de ville de Metz.
SOCIETE AUJOURD'HUI A METZ - Raymond Aubrac : l'important c'est de toujours garder l'espoir
SOCIETE AUJOURD'HUI A METZ - Raymond Aubrac : l'important c'est de toujours garder l'espoir
Aujourd'hui, à 18 h, à l'invitation de l'Union locale CFDT des retraités de Hagondange et environs, Raymond Aubrac animera un débat public sur la protection sociale, à l'hôtel de ville de Metz.


Raymond Aubrac : «Je me pose des questions, parce que je ne vois pas de politique à long terme et certains acquis sont remis en cause.»

Il est l’un des derniers symboles vivants de la Résistance. L’un des derniers témoins, devenu le porte-parole de toute une génération, de toute une époque. Une référence incontestable et incontestée. Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale, Raymond Aubrac n’a eu de cesse de raconter et d’expliquer l’horreur de la guerre, quel fut son combat, celui de son épouse, Lucie, et de ses camarades. Aujourd’hui, c’est sur un autre thème qu’il viendra s’expliquer : la protection sociale. Ou plus précisément, la remise en cause de certains acquis…
Vous avez été convié par l’Union locale CFDT des retraités de Hagondange et environs…
Raymond AUBRAC :
«Ses membres m’ont demandé d’évoquer la régression de la protection sociale, par rapport à ce qu’avait apporté la Libération. Il faut se rappeler qu’à la fin de l’occupation, le CNR (Conseil national de la résistance) avait préparé un programme qui avait été accepté à l’unanimité par une assemblée qui rassemblait toutes les sensibilités politiques. Il comprenait, entre autres, la mise en place de la sécurité sociale, grâce à l’Ordonnance de 45. Nous voulions amener des progrès, nous avions des objectifs, des plans d’avenir, à moyen et long terme.»
Ce qui, selon vous, n’est plus le cas aujourd’hui ?
«Je me pose des questions, parce que je ne vois pas de politique à long terme et certains acquis sont remis en cause, comme la sécurité sociale ou l’enseignement. J’ai du mal à imaginer ce que sera notre pays dans 25, 30 ou 50 ans. Et personne, pour le moment, ne nous aide à y voir plus clair. Ni le gouvernement, ni l’opposition. Tous sont en général davantage préoccupés par des problèmes plus immédiats, comme les prochaines échéances électorales… Quant aux syndicats, je regrette qu’ils ne soient pas plus nombreux, ni plus agissants.»
Pensez-vous que les gens en ont conscience et sont prêts à se mobiliser ?
«Je trouve que les gens manquent d’élan vital. On nous parle par exemple de mondialisation, et ça fait peur à tout le monde. Il est vrai que ce n’est pas commode, mais si cela nous permet d’en venir à un monde où la misère serait diminuée, si les pays aujourd’hui très pauvres pouvaient devenir de véritables partenaires commerciaux… Ce sont des obstacles surmontables. Les résistants par exemple, étaient tous des optimistes. Il s’agissait la plupart du temps de jeunes gens qui espéraient un avenir meilleur et qui étaient prêts à se battre, malgré les risques qu’ils devaient prendre.»
Et ce n’est plus le cas aujourd’hui ?
«Je suis en relation constante avec les jeunes générations, les collégiens, les lycéens, comme leurs professeurs. Et je trouve que les adolescents sont désabusés et anxieux face à l’avenir, surtout ces dernières années. Moi, ça m’inquiète. Alors j’essaie de leur laisser un peu d’optimisme et de confiance en eux. Je crois que si les gens ont un objectif, ils auront le courage de se mobiliser. L’important, c’est de toujours garder l’espoir.»

Propos recueillis par Sandra CRANÉ.
Publié le 21/09/2009 (Région)