Education : le corps enseignant dans la rue

Publié le 11/02/2011 à 00H00
Un peu plus de 700 personnes se sont rejointes hier devant la préfecture spinalienne pour à nouveau montrer leur désaccord devant la baisse de postes dans l'enseignement. Ambiance.
Education : le corps enseignant dans la rue
Education : le corps enseignant dans la rue
Un peu plus de 700 personnes se sont rejointes hier devant la préfecture spinalienne pour à nouveau montrer leur désaccord devant la baisse de postes dans l'enseignement. Ambiance.

© Vosges Matin, Vendredi le 11 Février 2011 / Vosges

Un peu plus de 700 personnes ont battu le pavé hier après-midi à Epinal pour dénoncer les suppressions de postes dans l'Education nationale. (Photo J.A.)

Epinal

Au niveau national, 16 000 postes sont concernés. Dans les Vosges, 841. C'est là l'étendue de la coupe franche que va connaître le corps enseignant. Et pour Norbert Gilet de la FSU, la note est salée, disproportionnée par rapport à la population concernée : « C'est une saignée qui n'a aucun rapport avec les diminutions d'effectif, et qui ne respecte pas les mêmes proportions que les autres académies. Nous avons une baisse de 3.8 % d'enfants contre une diminution de 6 % de poste. Il y a vraiment un gros décalage. » Un déséquilibre qui a poussé hier dans les rues d'Epinal un peu plus de 700 personnes, enseignants, parents d'élèves et élèves. Pour l'UNSA, Stéphane Daval a voulu montrer combien la situation vosgienne était encore plus préoccupante qu'ailleurs. Notamment dans la formation professionnelle : « Sur le département, tout est critique, c'est vrai. Mais l'enseignement professionnel est le plus touché. C'est le cas à Charmes pour la maçonnerie, à Remiremont pour la filière hôtelière. C'est dramatique. »

Reste que le nombre de postes est connu, les suppressions exactes sont soumises aux conseils d'administration qui se déroulent en ce moment dans les établissements. « On sait qu'en équivalent temps plein de 18 heures hebdomadaires, on aura une perte de 14,9 ETP à Viviani et 3,1 à Contrexéville par exemple. Mais on ne sait pas combien de postes cela représente, ni combien de personnes. Ce n'est pas encore très précis », explique Pascal Révolte de la CGT Educ'action.

Reçus en intersyndicale par le directeur de cabinet du préfet, les représentants ont de nouveau expliqué ce qu'ils pensaient de cette réforme. « Une marche à l'aveugle absurde, selon Etienne Zint du SGEN CFDT ; on ferme des bacs pro comme celui de Charmes. Pour ceux qui sont intéressés par ce métier, il n'y aura que neuf places dans le département, et ce sera Raon-l'Etape. On ne se préoccupe pas de cohérence territoriale. » Quant aux estimations des chiffres de la rentrée, Norbert Gilet prévient : « On fait tout pour qu'on rentre dans le moule et on prend des vacataires. Est-ce que cela suffit aux parents d'avoir un adulte pour faire de la garderie devant leurs enfants ? »

Y.L.

Environ 750 selon les syndicats, 400 selon la police : la mobilisation s'est avérée importante hier à Saint-Dié, où quasiment tous les cours ont été suspendus dans les établissements secondaires de la ville. La singularité du mouvement d'hier est la forte implication du secteur privé. Le collège Sainte-Marie était totalement en grève, tandis que les cours des lycées Beau-Jardin et la Providence ont été quasiment tous supprimés. Dans le secteur public, 95,7 % des enseignants du lycée Jules-Ferry étaient en grève hier matin, 85,7 % au collège Jules-Ferry, soit 73 % de grévistes, toutes catégories de personnels confondues, sur l'ensemble de la cité scolaire. L'ensemble des enseignants réunis en assemblée générale a exigé hier du ministre Luc Châtel « le maintien de toutes les classes, de tous les postes, de toutes les options. La remise à plat de la classe de seconde, la non-application de la réforme Châtel en première et en terminale. Et le retour à une année de formation pour tous les enseignants. »