40 000 professeurs à la rescousse

Publié le 21/09/2012 à 00H00
Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a annoncé hier le recrutement de « près de 40 000 professeurs » en 2013 et 90 recrutements de remplaçants « dans les jours qui viennent ».
40 000 professeurs à la rescousse
40 000 professeurs à la rescousse
Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a annoncé hier le recrutement de « près de 40 000 professeurs » en 2013 et 90 recrutements de remplaçants « dans les jours qui viennent ».

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 21 Septembre 2012 / IG /

 

 

Parents d'élèves, enseignants et aussi des inspecteurs de l'Education nationale dénoncent depuis la rentrée le manque de professeurs dans nombre d'académies. Photo AFP

Sur les 40 000 professeurs qui seront recrutés en 2013, environ 22 000 remplaceront les professeurs partant à la retraite, précise le ministère de l'Education. Le détail sera communiqué lors de la présentation du projet de loi de finances 2013 le 28 septembre.

Le syndicat UNSA Education s'est « félicité de cette mesure, alors même que le cadre budgétaire général est extrêmement contraint », y voyant un témoignage de « la priorité accordée à l'éducation ».

« C'est une folie absolue », s'est alarmé au contraire le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, estimant que « nous n'avons pas le premier euro pour payer ces 40 000 postes ». « Je demande à François Hollande de dire quels sont les postes des autres administrations qu'il va supprimer pour financer un tel niveau de recrutement ».

« Cessons d'engraisser le mammouth et de le brosser dans le sens du poil », a renchéri Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP à l'égalité des chances, paraphrasant l'ancien ministre socialiste de l'Education Claude Allègre.

Pour le président du Nouveau Centre (NC) Hervé Morin « l'approche quantitative du ministre élude toute réforme structurelle de notre système d'enseignement ».

Pénurie d'enseignants

Le président Hollande s'est engagé à créer 60 000 postes dans l'Education pendant son quinquennat, alors que la droite avait programmé 80 000 suppressions de postes entre 2007 et 2012, suivant le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Pour la rentrée 2012, le gouvernement socialiste avait réduit à 13 000 les suppressions de postes décidées par la droite, en réinjectant mille postes de professeurs des écoles.

Vincent Peillon a annoncé 90 recrutements supplémentaires de professeurs « dans les jours qui viennent » pour « faire face dans les académies les plus déficitaires à quelques problèmes ».

Ces postes ne couvrent pas les réclamations sur le terrain. Selon un chiffre rapporté par le député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg, il y a aujourd'hui 285 classes sans enseignant dans le premier degré dans ce seul département.

Des inspecteurs de l'Education nationale des syndicats SNPI-FSU, SI-EN-Unsa et SGEN-CFDT ont écrit le 18 septembre à Vincent Peillon lui demandant « des mesures d'urgence » pour faire face à une « pénurie d'enseignants » et une « situation extrêmement préoccupante » en Seine-Saint-Denis, a-t-on appris hier.

Le manque d'enseignants était dénoncé depuis la rentrée par des enseignants et des parents d'élèves de plusieurs écoles en Seine-Saint-Denis.

« Nous sommes conscients que la refondation de l'école que vous mettez en oeuvre ne peut résoudre en quelques mois les problèmes issus d'une politique inconsidérée de diminutions de moyens », écrivent-ils au ministre, estimant que « la situation particulière de la Seine-Saint-Denis demande des mesures d'urgence », et demandant le recrutement de 250 instituteurs stagiaires.