Amertume à Sochaux

Publié le 12/09/2012 à 00H00
Jacques MAZZOLINI, de la CFE-CGC, s'il estime que le rapport est bien ficelé, regrette que les conclusions de l'expert ne soient pas allées plus loin.
Amertume à Sochaux
Amertume à Sochaux
Jacques MAZZOLINI, de la CFE-CGC, s'il estime que le rapport est bien ficelé, regrette que les conclusions de l'expert ne soient pas allées plus loin.

© L'Est Républicain, Mercredi le 12 Septembre 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 « Je ne m'attendais pas à des miracles. Mais une remise en cause de la fermeture d'Aulnay, avec des solutions d'avenir et de reclassement, aurait été la bienvenue. » Il ne veut pas entendre parler de licenciements. « Une entreprise comme la nôtre, qui fête ses 100 ans, a les moyens de se réorganiser. Elle doit réagir sans faire payer la note aux salariés. »« Des problèmes que nous avons toujours dénoncés »

 

Guy Miseré, de la CFDT, estime qu'il n'y a plus que des financiers à la tête du groupe. « Le rapport pointe des problèmes que nous avons toujours dénoncés. Au lieu d'investir, lorsqu'il en était temps, nos dirigeants ont préféré redistribuer leurs dividendes entre 1999 et 2011 et racheter des actions. Ils ont investi en Russie trop tôt. »

Ce qui le met le plus en colère est sans doute le choix du groupe de se séparer d'Aulnay plutôt que de Madrid. « Ça va faire du bruit. On savait que Madrid allait mal, que c'est un site boiteux. Je ne comprends pas. Mais c'est reculer pour mieux sauter. » Il s'étonne cependant qu'un rapport aussi noir ne propose aucun plan de suivi pour les salariés impactés.

Patrick Couche, de la CFTC, avait compris depuis longtemps que la société était dans le rouge. « Tous les salariés sont inquiets. On nous a demandé de nous serrer la ceinture et, dans le même temps, le patron a augmenté son salaire. C'est difficile à comprendre. »

« Ce qui vient de sortir me rappelle l'analyse que nous avions faite sur notre surcapacité en Europe », détaille Pascal Pavillard, de FO. « Il faut aujourd'hui, malheureusement, réduire la voilure. » C'est le seul à rester optimiste pour le site d'Aulnay. « On y ferme la production, pas le site. Ils referont autre chose. Une plateforme logistique permettrait de reclasser 1.500 personnes. Et les 1.500 restants pourraient aller sur Poissy, entre autres. » Les 1.400 ouvriers de Rennes l'inquiètent davantage. « FO se battra pour qu'il y ait un projet de véhicule pour ce site. »

Si le succès des véhicules low-cost le perturbe, la montée en gamme des DS5 le rassure. « La DS5 a un potentiel énorme en Chine. Ça pourrait ramener de l'argent dans les caisses de PSA. »

Tous sont unanimes au sujet de General Motors et attendent la mi-octobre pour connaître les conclusions des discussions entre PSA et cette firme. Un autre rapport est très attendu. Celui qu'ils ont commandé au cabinet Secafi Alpha. Ils sont sûrs que l'analyse des experts de cette société sur le groupe PSA s'accompagnera de solutions pour sortir de la crise.

Paul-Henri PIOTROWSKY