CFDT Le 28 novembre, un quadra succédera à François Chérèque - Laurent Berger le dauphin

Publié le 13/10/2012 à 00H00
IL SERA BIENTÔT AUSSI célèbre qu'un ministre. Mais, pour l'instant, hors les cénacles syndicaux, rares ceux qui pourraient mettre un nom sur son visage. Laurent Berger, bientôt 44 ans, s'apprête à diriger l'une des centrales syndicales les plus importantes de France.
CFDT Le 28 novembre, un quadra succédera à François Chérèque - Laurent Berger le dauphin
CFDT Le 28 novembre, un quadra succédera à François Chérèque - Laurent Berger le dauphin
IL SERA BIENTÔT AUSSI célèbre qu'un ministre. Mais, pour l'instant, hors les cénacles syndicaux, rares ceux qui pourraient mettre un nom sur son visage. Laurent Berger, bientôt 44 ans, s'apprête à diriger l'une des centrales syndicales les plus importantes de France.

© L'Est Républicain, Samedi le 13 Octobre 2012 / France-Monde 
 
Berger devrait signer pour dix ans. Photo DR

Cela ne fait plus de doute. Il sera élu par le bureau national de la CFDT au poste suprême. Le consensus est total. Alors que la CGT se débat dans les affres d'une passation de pouvoir difficile, la CFDT a choisi son nouveau patron sans difficulté apparente. Laurent Berger, très proche de son prédécesseur François Chérèque, arrive au sommet comme une évidence.

Grand bosseur, sérieux mais décontracté, le nouvel homme fort du syndicalisme français est originaire de Guérande, en Loire-Atlantique. Il a gravi tous les échelons en travaillant et « sans faire de plan de carrière », il le précise. Costume sombre, chemise ouverte, il reçoit dans son bureau plutôt modeste, au siège, situé au-dessus du métro Belleville. Seule fantaisie visible, les dessins de ses enfants placardés derrière lui. Il retrace son engagement sans effet de manche. Ses études d'histoire, son accession au poste de secrétaire général de la Jeunesse ouvrière chrétienne, sa petite période dans l'enseignement, ses six mois de chômage, son job dans une petite structure d'insertion puis son embauche comme permanent à l'union locale CFDT de Saint-Nazaire.

Laurent Berger est un provincial, il le revendique. Comme il affiche son statut actuel de banlieusard. Après avoir été élu secrétaire général de l'union régionale CFDT des Pays de la Loire, il a intégré le bureau national. Il ne travaille à Paris que depuis 2009, secrétaire général adjoint depuis le début de l'année. Un poste à haute responsabilité, où il ne compte pas ses heures, payé « dans les 3.000 euros », précise-t-il.

Privilégier la négociation

Mais, Laurent Berger, s'il a une grosse capacité de travail, n'est pas un adepte du 24 sur 24, 7 jours sur 7. Il sait se ressourcer. « En famille, avec ma femme et mes trois enfants ». Il fait un peu de course à pied, il aime le foot, contrairement à François Chérèque qui préférait le rugby. C'est bien là la seule différence affichée par les deux hommes.

Comme Chérèque, Berger veut privilégier la négociation. Engagé dans les discussions sur la sécurisation de l'emploi, il affiche ses objectifs : « Réduire la précarité, faire baisser le taux de CDD alors que les entreprises abusent des contrats courts, donner une complémentaire santé à tous ». L'état des lieux, il le connaît. « La situation sociale est très dégradée, avec 3 millions de chômeurs et 5 millions de précaires. On n'a rien anticipé depuis des années, on gère les problèmes quand on est dans le mur ». Mais il le reconnaît : « S'il y avait une solution miracle pour l'emploi, ça se saurait ». Tenté par la cogestion à l'allemande ? « Ce n'est pas notre truc », affirme-t-il, préférant le terme de « codécision ».

En succédant à Chérèque, Berger signe pour dix ans, sauf accident de parcours. Comment se prépare-t-il ? « En bossant et en gardant du temps pour prendre du recul, du temps pour la réflexion », insiste-t-il. Les pieds sur terre et la tête sur les épaules, le nouveau boss cédétiste rejette la posture de « la colère permanente » mais dit son « indignation » face à certaines situations, notamment face à l'injustice faite aux salariés. Son cheval de bataille depuis vingt ans.

Ludovic BASSAND

1968 : Naissance à Guérande en Loire-Atlantique

1996 : Permanent à l'union locale CFDT de Saint-Nazaire

2003 : Secrétaire général de l'union régionale CFDT des Pays de la Loire

2009 : Elu à la commission exécutive confédérale, responsable des TPE-PME, chargé de la coordination et de la rédaction de la résolution générale dont il est rapporteur au congrès de Tours en juin 2010

2012 : Secrétaire général adjoint de la CFDT, pressenti pour le poste de secrétaire général à partir de fin novembre.