Des cortèges moins fournis

Publié le 02/05/2010 à 00H00
Les rassemblements du 1er mai, ont réuni moins de manifestants que l'an dernier, partout dans l'Hexagone.
Des cortèges moins fournis
Des cortèges moins fournis
Les rassemblements du 1er mai, ont réuni moins de manifestants que l'an dernier, partout dans l'Hexagone.

Dimanche 02 Mai 2010, © L'Est Républicain / AVIGNON 
 
A Avignon, des manifestants toujours motivés.PhotoPQR/LeDauphinélIbéré

Les rassemblements du 1er mai, ont réuni moins de manifestants que l’an dernier, partout dans l’Hexagone.Les syndicats ne sont pas parvenus à rééditer hier la performance du 1er mai unitaire de 2009, tout en rassemblant dans les rues quelques centaines de milliers de manifestants, davantage que la moyenne des dernières années.Alors que le numéro un de la CGT Bernard Thibault espérait encore il y a dix jours des manifestations « de grande ampleur », les craintes concernant la réforme en préparation des retraites n’ont pas suffi à faire descendre les salariés massivement dans la rue.Le 1er mai version 2010 n’était il est vrai que partiellement unitaire. FO avait organisé ses propres défilés, qui ont toutefois rassemblé peu de monde (de 650 à 2.000 à Paris, 150 à Aix-en-Provence pour un meeting de Jean-Claude Mailly).Cinq syndicats, dont les deux plus importants, la CGT et la CFDT, rejoints par la FSU, l’Unsa (implantés surtout chez les fonctionnaires) et Solidaires (Sud et autres) avaient uni leurs forces pour la circonstance. Ils voulaient aussi faire de ce rendez-vous un moyen de pression sur Nicolas Sarkozy avant le sommet social du 10 mai sur l’emploi et le pouvoir d’achat, à l’Elysée.Partout, la participation a été en recul par rapport à l’an dernier, où le 1er mai le plus suivi depuis 2002 avait réuni entre 465.000 et 1,2 million de manifestants, selon les sources. « Ce n’est pas la peine de faire l’autruche, il y a des questions à se poser (...) Le 1er mai reste un truc à part », a commenté à Marseille la responsable CGT Mireille Chessa, à propos de cette moindre participation.

Salaire, emploi, retraites

Dans la cité phocéenne, 3.500 personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs ont défilé par temps pluvieux à partir du Vieux-Port. Même en comptant six autres manifestations dans les Bouches-du-Rhône, c’était moins qu’en 2009.Alors que la CGT donnait l’an dernier plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Bordeaux, Marseille, Toulouse, Grenoble, Nancy, seules les deux premières villes ont réuni plus de 10.000 personnes selon le syndicat. Pratiquement partout, une même banderole : « Tous ensemble : public privé. Pour les salaires, l’emploi, les retraites ». Outre le pouvoir d’achat ou l’emploi, dans un pays qui compte plus de quatre millions d’inscrits à Pôle Emploi, le plan d’austérité imposé à la Grèce et la perspective de sacrifices sur les retraites occupaient l’esprit des manifestants. « Avec cette énième réforme sur les retraites, on verra que c’est encore les mêmes qui vont payer (...) On le voit aujourd’hui avec la Grèce, on sait très bien qui va payer la note », récriminait Véronique Manseguerra, professeur d’histoire-géographie, dans le cortège lillois. « Si on fait partir plus tard les gens à la retraite, les jeunes n’auront jamais de travail. C’est complètement idiot », soupirait une manifestante lyonnaise, Chantal, 50 ans et sans emploi.