Deux salariés tentent de se suicider au bureau

Publié le 19/10/2012 à 00H00
Les personnels de la sécurité Sociale minière, régime en voie de disparition, sont sous pression. Deux tentatives de suicide tendent à en témoigner.
Deux salariés tentent de se suicider au bureau
Deux salariés tentent de se suicider au bureau
Les personnels de la sécurité Sociale minière, régime en voie de disparition, sont sous pression. Deux tentatives de suicide tendent à en témoigner.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 19 Octobre 2012 / Moselle Actualités /

 

 
Deux salariés de la Sécurité sociale minière ont tenté de mettre fin à leurs jours sur leur lieu de travail. La première tentative de suicide a eu lieu le 18 juillet dernier, à Grenay, dans les locaux de la Carmi (caisse régionale) du Nord. Une femme, agent administratif, a été secourue par des collègues.

Le deuxième geste désespéré s'est déroulé vendredi dernier à la Carmi-Est, à Mulhouse. Un ouvrier d'entretien s'est lacéré les bras avant de sortir du bâtiment et de s'écrouler dans la rue. Il a laissé un mot stipulant que c'est bien le stress au travail qu'il l'a conduit à cette extrémité.

Craintes de contagion

Lundi, une réunion exceptionnelle du CHSCT (Comité d'hygiène, sécurité et condition de travail) était convoquée à Mulhouse. Michel Bonin, directeur général de la Caisse nationale de la Sécurité sociale minière (CAN SSM), y assistait, en compagnie du directeur de la Carmi-Est Jean-Michel Chassany. Ces hauts cadres du régime se sont rendus au chevet de l'ouvrier hospitalisé ce mardi. Depuis, les réunions se multiplient, en interne, pour informer des faits. Hier, les organisations syndicales étaient réunies à Metz, siège de la Carmi-Est, afin d'évoquer la grave situation.

Pour Daniel Sumann, délégué central CFDT mineurs, basé à Freyming-Merlebach, cela témoigne d'un malaise dû aux mutations auxquelles doivent faire face les personnels : « Notre régime est condamné à relativement brève échéance. Mais l'encadrement ne donne aucune lisibilité aux salariés sur l'avenir, qu'ils soient ouvriers, soignants, administratifs, cadres. On ne sait pas où on va. Cela génère inquiétude et angoisse. Partout, des compétences s'en vont sans être remplacées. Ceux qui restent se trouvent bombarder de missions impossibles à remplir. Face à ces deux tentatives de suicide, la crainte, c'est la contagion ». Jean-Michel Chassany indique qu'une enquête conjointe CHSCT/direction permettra de comprendre les événements. « Nous témoignons de notre compassion aux intéressés, dit-il. La conduite du changement dans l'entreprise suscite du stress. Nous le savons. Nous avions déjà mis en place, depuis six mois, un numéro vert afin de gérer la souffrance au travail, avec le concours d'une société spécialisée. Mais nous ne nous attendions pas à des gestes de cette gravité. Nous allons accentuer la prévention et la détection des risques psychosociaux. ».

Stéphane MAZZUCOTELLI.