Fessenheim et gaz de schiste : Hollande tranche le débat

Publié le 15/09/2012 à 00H00
En ouverture de la conférence environnementale, le chef de l'Etat a annoncé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim « à la fin de l'année 2016 » et le rejet des demandes de permis d'exploitation de gaz de schiste.
Fessenheim et gaz de schiste : Hollande tranche le débat
Fessenheim et gaz de schiste : Hollande tranche le débat
En ouverture de la conférence environnementale, le chef de l'Etat a annoncé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim « à la fin de l'année 2016 » et le rejet des demandes de permis d'exploitation de gaz de schiste.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 15 Septembre 2012 / IG
 
L'annonce d'une fermeture fin 2016 est loin de satisfaire les écologistes, qui critiquent une date trop tardiveet redoutent que le chef de l'Etat puisse revenir sur sa décision. Photo REUTERS 

François Hollande a ouvert hier la conférence environnementale en annonçant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) fin 2016 et le rejet de permis d'exploration de gaz de schiste, une manière de déminer le terrain dans ces deux dossiers épineux. « La crise écologique, ce n'est pas une crise de plus, elle s'inscrit dans la crise globale », a déclaré le chef de l'Etat dans son discours alors que pendant deux jours, pas moins de 14 ministres et 300 élus, industriels, syndicats et ONG sont réunis à Paris, au Conseil économique, social et environnemental (Cese), pour ouvrir le chapitre écologique du quinquennat.

La transition énergétique, que Hollande veut initier, est selon lui « autant une exigence pour l'environnement que pour l'emploi ». L'énergie, la biodiversité, la santé environnementale, la fiscalité écologique et la gouvernance sont au menu des cinq tables rondes qui se clôtureront aujourd'hui.

Dans le dossier du nucléaire, Hollande a fixé à fin 2016 la fermeture de Fessenheim - une promesse de campagne -, ce qui n'a pas totalement satisfait les antinucléaires qui auraient souhaité que la centrale soit fermée dès l'an prochain, pour éviter la réalisation de coûteux travaux prescrits par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d'ici mi-2013.

« L'Alsace sacrifiée »

François Chérèque (CFDT) a qualifié de « prématurée » cette décision alors qu'un grand débat sur les modalités de la transition énergétique doit s'ouvrir après cette conférence environnementale pour aboutir à une loi mi-2013. Les habitants de Fessenheim étaient incrédules hier face aux assurances du gouvernement que la fermeture de leur centrale fin 2016 ne détruirait pas d'emploi, tandis que les associations antinucléaires trouvent l'échéance encore trop tardive. Pour le président (UMP) du Conseil régional, Philippe Richert, c'est tout simplement « l'Alsace qu'on sacrifie » sur l'autel des accords PS-Verts.

Le chef de l'Etat a rappelé son objectif de réduire la part du nucléaire dans l'électricité produite de 75 % actuellement à 50 % à l'horizon 2025.

Il a également donné des gages aux opposants à l'extraction de gaz de schiste, aux conséquences néfastes pour l'environnement, en rejetant sept demandes de permis d'exploration et en affirmant que « telle sera (it) sa ligne de conduite tout au long de (son) quinquennat ».

« C'est une décision très positive, ça met fin à une cacophonie suite aux déclarations des industriels », s'est réjoui le député européen EELV José Bové.

Le président a placé la rénovation thermique des logements parmi « les grandes priorités du quinquennat ». Il a aussi annoncé la création d'une Agence nationale de la biodiversité, une demande ancienne de plusieurs ONG et évoqué les risques sanitaires environnementaux.

Tout en saluant les acquis du Grenelle, organisé en 2007, le chef de l'Etat a estimé que cette formule avait « atteint ses limites », faute de moyens financiers « à la hauteur des objectifs annoncés ».

Pour Bruno Genty, président de France Nature Environnement, « le discours trace un cap et fait preuve d'une volonté politique pour réussir la transition écologique ». Mais il ajoute se poser « la question des moyens ». Nicolas Hulot a estimé qu'il y avait « eu des déclarations à la hauteur des enjeux » mais a appelé à « la vigilance » pour la suite.

Laurence Parisot (Medef), qui a pour sa part fortement regretté que « la porte soit fermée » sur les gaz de schiste, a été la plus dubitative. « Le président a mis de côté, ou en tous les cas s'est très peu exprimé, sur le modèle économique qui peut aller avec les objectifs qu'il a fixés ».