Jobs d'été : les étudiants concurrencés par leurs aînés

Publié le 11/07/2010 à 00H00
Retraités, titulaires d'emplois précaires et chômeurs empiètent sur le domaine réservé des étudiants désireux d'amasser un pécule pour leur rentrée universitaire : les emplois saisonniers.
Jobs d'été : les étudiants concurrencés par leurs aînés
Jobs d'été : les étudiants concurrencés par leurs aînés
Retraités, titulaires d'emplois précaires et chômeurs empiètent sur le domaine réservé des étudiants désireux d'amasser un pécule pour leur rentrée universitaire : les emplois saisonniers.


Un job « étudiant » à Metz, en 2007 : le nettoyage du plateau piétonnier. Photo Karim SIARI

Recherche maîtresse d’internat, animateur de centre de vacances, serveur, maître-nageur… Devant le panneau des offres de jobs d’été de dernière minute au Centre d’information et de documentation pour la jeunesse (CIDJ) à Paris se côtoient jeunes gens et personnes nettement plus mûres. La direction de Pôle Emploi le confirme : «  Les profils de personnes postulant pour des jobs d’été se sont beaucoup diversifiés » et «  davantage de seniors étaient présents cette année dans les forums pour les jobs d’été ». Thérèse, la quarantaine, travaille comme assistante d’éducation et cherche un emploi saisonnier dans l’animation. «  Je suis libre jusqu’à fin août alors qu’une semaine me suffit pour me reposer et que je n’ai pas de projets de vacances », explique-t-elle au CIDJ. Tout près, Mégane et Stéphanie, 17 et 18 ans, qui préparent un BEP et un Bac Pro, sont inquiètes. «  Les gens nous donnent beaucoup d’espoir mais si on vient aux entretiens sans nos parents, on n’est pas prises au sérieux », déplore Stéphanie.

30-40 ans et femmes au foyer


En France, les saisonniers sont environ 800 000 dans l’agriculture et 400 000 dans l’hôtellerie-restauration, selon la CFDT. Thibaud Michel, cofondateur de Twinin, agence de recrutement spécialisée dans le marketing opérationnel, constate que «  20 % des personnes qui postulent auprès de l’agence sont âgées de plus de 30 ans ». «  Nous avons même des retraités, ce qui nous a surpris », raconte-t-il. «  Ce sont parfois des VRP à la retraite. Certains sont très expérimentés. » Néanmoins, ces retraités ne feraient pas vraiment concurrence aux étudiants, qui «  s’occupent des marques plus sexy, des produits high tech, de la distribution de flyers ou d’échantillons de cosmétiques ». En fait, la concurrence viendrait plutôt des trentenaires. «  Beaucoup de professionnels de la communication ne trouvent pas d’emploi stable et postulent à ces missions pour rester en contact avec l’univers du marketing et de la vente », constate Thibaud Michel.

Philippe Kron, de iQuesta.com, qui cible les jeunes, confirme la tendance depuis deux ans. «  La restauration ou les call-centers n’attirent plus seulement les jeunes à la recherche d’un job saisonnier », explique-t-il. «  La concurrence commence à être visible entre les étudiants et des demandeurs d’emploi de 30-40 ans ou fraîchement diplômés, mais aussi des femmes au foyer qui veulent compléter leurs revenus ».

Publié le 11/07/2010 Républicain lorrain Informations générales


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