Les Sanofi défilent contre « Sanofric »

Publié le 04/10/2012 à 00H00
Manifestation : plus d'un millier de salariés a battu le pavé à Paris
Les Sanofi défilent contre « Sanofric »
Les Sanofi défilent contre « Sanofric »
Manifestation : plus d'un millier de salariés a battu le pavé à Paris

© L'Est Républicain, Jeudi le 04 Octobre 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

Les manifestants redoutent 900 suppressions d'emplois. Photopqr

Venus de Toulouse, Lyon, Montpellier et des sites de la région parisienne, les salariés de Sanofi-Aventis ont assuré l'animation du pavé parisien durant toute la journée d'hier, avec musique, slogans, pétards et fumigènes. Dès le matin, ils ont encerclé le siège de leur entreprise, rue La Boétie, pendant qu'une réunion du comité de groupe se tenait à Gentilly, dans le Val-de-Marne. L'après-midi a été consacrée à une longue marche jusqu'à l'Assemblée nationale où les attendait un solide cordon de CRS. Si le but était de se faire entendre, il a été atteint. Une délégation de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-CGC-Sud a été reçue par les groupes PS et Front de gauche.

« Nous sommes face à la menace de licenciements boursiers. Nous en appelons au gouvernement », résume Pascal Vially, coordinateur CFDT pour le groupe. « La direction nous annonce une restructuration qui pourrait se traduire par la suppression d'au moins 900 emplois et par l'abandon du site de Toulouse où travaillent 650 chercheurs. Pourtant, Sanofi, ce sont 8,8 milliards d'EUR de bénéfices en 2011, 40 milliards de bénéfices cumulés ces cinq dernières années et 35 % du bénéfice reversé aux actionnaires, bientôt 50 % selon un projet ».

De son côté, la direction de Sanofi a fait savoir par la voix de son porte-parole Jean-Marc Podvin, qu'elle ne pouvait que constater « le refus des organisations syndicales de dialoguer dans les différentes instances ». Pour l'instant, la stratégie syndicale consiste à refuser de discuter d'une réorganisation que les salariés rejettent en bloc.

« Un salaire de 23.000 EUR par jour »

L'intersyndicale espère un geste concret du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. « Il faut légiférer en urgence contre les licenciements boursiers », affirme une manifestante. Les Sanofi disent non à « Sanofric », un slogan repris sur tous les tracts distribués tout au long de la manifestation. Ils pointent du doigt des dirigeants qui, disent-ils, ne pensent qu'aux actionnaires, au détriment des salariés et de la recherche et dont l'un, Christopher Viehbacher, particulièrement brocardé hier, « se verse un salaire de 23.000 EUR par jour », selon l'intersyndicale.

Le document interne transmis par la direction aux organisations syndicales précise que 914 postes sont menacés d'ici à 2015, le site de recherche de Toulouse étant particulièrement exposé. Ses chercheurs pourraient être transférés à Lyon et Vitry, en région parisienne. Avec le risque de perdre leur emploi, pour ceux qui ne pourront pas déménager. Prochaine étape le 12 octobre, date du comité central d'entreprise.

Ludovic BASSAND