Les syndicats échouent à faire un « grand 1er mai »

Publié le 02/05/2010 à 00H00
Le « grand 1er mai » auquel aspiraient les syndicats pour peser sur la réforme des retraites n'a pas eu lieu. Les cortèges, hier, ont beaucoup moins mobilisé qu'en 2009.
Les syndicats échouent à faire un « grand 1er mai »
Les syndicats échouent à faire un « grand 1er mai »
Le « grand 1er mai » auquel aspiraient les syndicats pour peser sur la réforme des retraites n'a pas eu lieu. Les cortèges, hier, ont beaucoup moins mobilisé qu'en 2009.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 02 Mai 2010 / IG
 
Près de 2 000 manifestants ont défilé dans les rues de Nancy hier,selon les organisateurs. Photo Clotilde VERDENAL

Les syndicats ne sont pas parvenus hier à transformer le rituel du 1er mai en une mobilisation de grande ampleur pour la défense des retraites et de l'emploi, l'affluence aux défilés étant inférieure à celle de 2009 même si elle reste parmi les meilleures des dix dernières années. La CGT, qui organisait les manifestations avec la CFDT, la FSU et l'Unsa (fonctionnaires, surtout) ainsi que Solidaires (Sud et autres syndicats), a revendiqué 350 000 manifestants dans tout le pays. Le ministère de l'Intérieur en a compté 195 000. Les Cinq espéraient « un grand 1 er  mai unitaire » pour peser de tout leur poids sur le contenu de la réforme des retraites mais aussi sur le sommet social du 10 mai à l'Elysée sur l'emploi et le pouvoir d'achat. En 2009, l'unité de l'ensemble des syndicats contre l'hécatombe des plans sociaux, en pleine récession, avait assuré au 1er mai un succès inhabituel (entre 465 000 et 1,2 million de manifestants, selon les sources). Le cru 2010 est néanmoins « honorable », selon le patron de la CGT Bernard Thibault. Le leader de la CFDT François Chérèque a cru y déceler « une base de mobilisation importante ».

« Round d'observation »

2009 mis à part, il faut remonter à 2002, avant le second tour Chirac-Le Pen de l'élection présidentielle, pour retrouver une participation supérieure. Mais la foule était deux fois moins importante que lors de la journée d'action du 23 mars dernier (800 000 manifestants selon les syndicats). « Les gens sont en attente » des orientations gouvernementales sur les retraites, qui ne seront dévoilées qu'autour du 20 mai, a estimé Annick Coupé (Solidaires). Pour Alain Olive (Unsa), « c'est un round d'observation, la confrontation va s'engager quand les mesures seront connues, les gens sont l'arme au pied ». A Paris, le cortège a rassemblé 45 000 manifestants de source syndicale, 21 000 selon la police. Trois à quatre fois moins que l'an dernier. Même scénario dans la cité phocéenne (3 500 personnes selon la police, 15 000 selon les organisateurs), où il pleuvait, et les autres grandes villes : entre 5 et 6 000 personnes à Toulouse, de 4 500 à 8 500 à Lyon, de 4 200 à 7 000 à Grenoble, de 3 500 à 7 000 à Rennes, de 3 400 à 7 000 à Rouen, pour les manifestations les plus importantes.

Prônant « un jour de grève interprofessionnelle », et sur les retraites exclusivement, FO avait organisé ses propres défilés, qui ont toutefois rassemblé peu de monde (de 650 à 2 000 personnes à Paris, 150 à Aix-en-Provence pour un meeting de son secrétaire général Jean-Claude Mailly). Le patron de FO a critiqué la stratégie intersyndicale consistant selon lui à « mettre des baskets jusqu'au mois de juin. Et après, on enfile les tongs ». François Chérèque lui a reproché, sans le nommer, d'« affaiblir le mouvement social ». « M. Mailly est déjà dans ses tongs de vacances, je le regrette », a déclaré Bernard Thibault. Ces querelles rendront difficile la recherche d'un terrain d'entente intersyndicale, lors d'une réunion prévue jeudi.