Petroplus en quête d'un repreneur

Publié le 17/10/2012 à 00H00
Malgré deux offres de reprise, la raffinerie a été mise en liquidation judiciaire, hier à Rouen.
Petroplus en quête d'un repreneur
Petroplus en quête d'un repreneur
Malgré deux offres de reprise, la raffinerie a été mise en liquidation judiciaire, hier à Rouen.

© L'Est Républicain, Vosges Matin, Mercredi le 17 Octobre 2012 / France-Monde

Déception des salariés à l'issue de l'audience.

Hier, la justice a prononcé la liquidation de la raffinerie Petroplus qui emploie 470 personnes à Petit-Couronne (Seine-Maritime), malgré deux offres de reprise. Une décision qui a déclenché la colère des salariés, mais qui laisse à de nouveaux repreneurs la possibilité de se manifester jusqu'au 5 novembre. « Aujourd'hui, c'est 2.000 familles qui ont perdu leur emploi. On nous a lâchés », a martelé Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC après une audience à huis clos de trois heures et demi à Rouen.

Colère et insultes

« Il faut qu'on sauve cette usine. On n'a pas le droit de la fermer. Je préfère mourir. Ca fait des mois qu'on y travaille tous les jours. On a pris une centaine de contacts depuis le début », a poursuivi le syndicaliste d'une voie étranglée, devant quelque 200 personnes.

Nombre de manifestants devant le tribunal ont exprimé leur colère voire insulté les juges et le gouvernement. Dans un communiqué, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a assuré qu'il poursuivrait « ses efforts » en vue d'une reprise de la raffinerie.

« Il est parfaitement inacceptable que ce soit les tribunaux de commerce qui décident de l'avenir de nos industries », a déclaré Eric Corbeaux, responsable des luttes au PCF, dans un communiqué. Le Parti de Gauche a demandé « au gouvernement d'intervenir pour que la reprise et le redémarrage de Petroplus se fassent ». Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière (LO), a déclaré pour sa part que « ce sont les salariés qu'on liquide ».

Le député PS de Seine-Maritime, Guillaume Bacheley, a estimé devant les manifestants qu'il y avait toujours « une bataille à mener » car le site « possède tout le savoir-faire » pour assurer « son avenir industriel », comme l'a prouvé selon lui le redémarrage par les salariés de la raffinerie en juillet, après son arrêt quelques mois auparavant.

Selon la CGT, avec les emplois induits, 4.500 familles sont concernées par le sort de la raffinerie. Les salariés ont prévu de se rassembler jeudi à 12 h 30 devant la raffinerie.