Prévention du suicide : le rôle de l'entreprise

Publié le 10/09/2012 à 00H00
A l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, des spécialistes insistent sur l'importance des conditions de travail.
Prévention du suicide : le rôle de l'entreprise
Prévention du suicide : le rôle de l'entreprise
A l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, des spécialistes insistent sur l'importance des conditions de travail.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 10 Septembre 2012 / IG /

 

 

En France, sur 10 000 suicides par an, environ 400 sont directement liés au travail. Photo Laurent MAMI 

 Des ordres et consignes contradictoires de directions d'entreprises, une mauvaise organisation du travail, une mauvaise qualité de dialogue social peuvent conduire des salariés à des gestes suicidaires. Prévenir les suicides sur le lieu de travail est donc aussi de la responsabilité des entreprises, estime Xavier Alas Luquetas, dirigeant du cabinet de prévention des risques psychosociaux Eleas.

Ainsi, chez France Télécom une réorganisation à marche forcée a provoqué parmi les quelque 100 000 salariés de l'entreprise une trentaine de suicides entre 2008 et 2009. Une situation telle que l'ancien patron, Didier Lombard, a été contraint de céder les rênes de l'entreprise en 2010 et a été mis en examen pour harcèlement moral en juillet dernier.

A La Poste, deux récents suicides de cadres ont poussé la direction à demander à l'ancien secrétaire général de la CFDT, Jean Kaspar, un rapport sur les conditions de travail dans l'entreprise, qui doit être rendu public aujourd'hui.

Selon l'OMS, qui organise aujourd'hui la journée mondiale de prévention du suicide, un million de personnes par an se donnent la mort, c'est-à-dire une toutes les 40 secondes, « soit plus que le nombre combiné des victimes de guerres et d'homicides », précise l'Organisation dans son dernier rapport sur le sujet. En France, le nombre de suicides annuels est évalué à un peu plus de 10 000, dont environ 400 sont directement liés au travail, selon un récent rapport du Conseil économique, social et environnemental.

« Repérer les indices »

Certes, admet Xavier Alas Luquetas, « la plus grande difficulté, c'est de repérer les gens qui vont mal ». Ainsi, voir « quelqu'un qui arrive toujours en avance et se met à arriver en retard, ou quelqu'un qui parle peu alors que ce n'est pas le cas d'habitude, peut être l'indice » d'un mal-être.

Selon le Pr Michel Debout, ancien président de l'association France prévention suicide, la crise aurait généré au moins 750 suicides supplémentaires en France entre 2008 et 2010.