Sanofi : deux façons de voir les suppressions d'emploi

Publié le 26/09/2012 à 00H00
Sanofi a annoncé hier une réorganisation en France qui devrait se traduire par la suppression de 900 postes d'ici 2015, moins que redouté. Les syndicats estiment néanmoins ce chiffre sous-évalué.
Sanofi : deux façons de voir les suppressions d'emploi
Sanofi : deux façons de voir les suppressions d'emploi
Sanofi a annoncé hier une réorganisation en France qui devrait se traduire par la suppression de 900 postes d'ici 2015, moins que redouté. Les syndicats estiment néanmoins ce chiffre sous-évalué.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 26 Septembre 2012 / IG /

 

 

Sur le site de recherche de Toulouse, l'inquiétude régnait hier. Les syndicats craignent sa fermeture avec à la clé la suppression de 600 postes, mais la direction affirme que sa « vocation » reste « à préciser ». Photo AFP

Le groupe pharmaceutique Sanofi, qui a dégagé un bénéfice net de 5,7 milliards d'euros en 2011, présentera aux partenaires sociaux dans les prochains jours un projet d'évolution de ses activités qui pourrait conduire « à l'horizon 2015, à la réduction d'environ 900 postes en France », a détaillé hier la direction. Sanofi « entend mener ces évolutions essentiellement au travers de mesures de volontariat », qui « consisterait en des aménagements de fin de carrière, des propositions de mobilité et de repositionnement en France », précise le laboratoire. L'entreprise dévoile ainsi son plan, évoqué initialement en juillet, sans avoir pu tenir de comités centraux d'entreprise, pourtant convoqués hier. Les élus du personnel ont refusé de s'y rendre, après avoir dénoncé l'irrégularité de la convocation. « Nous allons envoyer rapidement les documents aux partenaires sociaux et les réunions débuteront mi-octobre », a précisé le président de Sanofi France, Christian Lajoux.

« Ce chiffre (de suppression de 900 postes) masque la réalité, on pense tous qu'ils n'ont pas comptabilisé au moins les 640 salariés de Toulouse, et peut-être les 200 à 300 salariés de Montpellier », a déclaré Rémi Barthes, coordonnateur CFE-CGC qui estime les suppressions à « plus de 1 500 ». Même raisonnement pour Pascal Vially, de la CFDT, premier syndicat du groupe : « Si Toulouse était inclus, la direction aurait du coup expliqué l'avenir des salariés de Toulouse. Là, elle n'en parle pas », fait-il valoir.

Montebourg satisfait

Interrogée par la suite, la direction a précisé que l'évaluation des suppressions de postes annoncée ne concernait pas Toulouse. La vocation du site « reste à préciser », a-t-elle indiqué. L'objectif de Sanofi, selon Christian Lajoux, « est de maintenir une vocation scientifique sur le site de Toulouse ». L'avenir du site de Montpellier est en revanche en partie décidé : Sanofi souhaite le faire évoluer « progressivement vers un centre stratégique dédié au développement ».

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg s'est réjoui des annonces faites par Sanofi. « Nous avons prié les dirigeants de Sanofi de réduire encore leur plan qui était de 1 371 postes », a expliqué le ministre. « Je note qu'ils ont suivi les recommandations du gouvernement. » Selon lui, le gouvernement a aussi obtenu de la direction de Sanofi « que la question toulousaine soit sortie et séparée, fasse l'objet d'une discussion dans le cadre d'un groupe de travail » rassemblant gouvernement, élus locaux et syndicats.

De son côté, le Parti communiste français a appelé le gouvernement à légiférer « de toute urgence » contre les licenciements dits boursiers. L'intersyndicale a d'ores et déjà prévu d'organiser une grande journée de mobilisation le 3 octobre à Paris, dont les modalités restent à définir.