Succession de Bernard THIBAULT

Publié le 17/10/2012 à 00H00
Thierry LEPAON restera dans l'histoire syndicale comme un leader par défaut.
Succession de Bernard THIBAULT
Succession de Bernard THIBAULT
Thierry LEPAON restera dans l'histoire syndicale comme un leader par défaut.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 17 Octobre 2012 / IG /

 

Enfin !

 

La CGT a enfin son nouveau pape, mais l'ascension de la fumée blanche, qui n'a pas bénéficié de l'assistance du Saint-Esprit, s'est révélée laborieuse. Nadine Prigent, la candidate de l'actuel secrétaire général ayant été récusée par le « parlement » de la centrale, les cartes avaient été rebattues et c'est un outsider qui a fini par mettre tout le monde d'accord. Ou presque.

Thierry Lepaon restera dans l'histoire syndicale comme un leader par défaut, même s'il ne fait aucun doute que le congrès de mars prochain l'adoptera sans état d'âme. Les bisbilles qui ont marqué la succession de Bernard Thibault n'en sont pas moins la preuve que la première organisation syndicale de France n'est pas au mieux de sa forme. Les treize années du règne de Thibault ont souffert d'un conflit latent, et parfois ouvert, entre les « durs » et les tenants d'une ligne plus réformiste. Celle-ci consistait à moins s'opposer systématiquement et à plus négocier. Mais elle a fait le jeu de Sud qui a plumé la CGT. L'affaiblissement relatif de cette dernière a pesé, en dernier, sur les tentatives de dialogue social que l'actuel gouvernement rêve de restaurer ou plutôt d'instaurer. C'est donc dans un contexte difficile que Lepaon, qui a fait ses classes chez Moulinex avant de pantoufler au Conseil économique et social, devra louvoyer pour s'imposer.

La politique de rigueur version Hollande-Ayrault n'a pas les faveurs de la CGT dont le prochain patron est aussi membre du Parti communiste. La multiplication des plans sociaux ainsi que la colère des salariés vont placer la CGT en première ligne pour croiser le fer avec un gouvernement de gauche. Cette situation inédite peut être la chance de la nouvelle direction comme elle peut constituer une épreuve impitoyable. A l'inverse, le gouvernement, dont l'interlocuteur privilégié est la CFDT, pourrait tirer profit de cette période de flottement qu'induit toute passation de pouvoir. On saura bientôt de quel bois se chauffe Thierry Lepaon.