Turbulences au CCE d'Air-France

Publié le 12/01/2010 à 00H00 (mis à jour le 13/01/2010 à 09H34)
Un audit aurait révélé plus de 20 millions d'euros de trou dans les comptes. Réunion extraordinaire du Comité central d'entreprise aujourd'hui.
Turbulences au CCE d'Air-France
Turbulences au CCE d'Air-France
Un audit aurait révélé plus de 20 millions d'euros de trou dans les comptes. Réunion extraordinaire du Comité central d'entreprise aujourd'hui.

Mardi 12 Janvier 2010, © L'Est Républicain / FRANCE

Air France à l'heure des explications demandées par le secrétaire d'Etat aux Transports.
Le « Dôme » est depuis hier l'objet de tous les regards. Ce grand bâtiment de Roissy, qui regroupe toutes les activités sociales du CCE d'Air-France, suscite de larges interrogations depuis la révélation dans son édition d'hier par « Le Figaro » d'un déficit de près de 20 millions dans les comptes, révélés par un audit interne. Selon le quotidien, l'affaire a démarré après que l'organisme central, qui regroupe huit comités d'entreprise, a pris l'initiative au début de l'été dernier, de négocier un prêt de 17 millions d'euros auprès d'Air France afin d'assurer la paie d'un millier de salariés du CCE. L'organisme perçoit plus de 3 % de la masse salariale d'Air-France, avant de la redistribuer. Désavouée par les autres syndicats, l'équipe dirigeante de François Cabrera (CFDT) a été écartée de ses responsabilités à l'automne, avant d'être remplacée par une équipe d'élus de la CGT, CGC et FO regroupée derrière le pilote Jean-Yves Quinquenel.

Possible enrichissement personnel


Selon le quotidien, les reproches s'orientent très majoritairement vers une « mauvaise gestion » qui pourrait être responsable de ce spectaculaire trou dans les comptes, le Figaro parlant également d'un « possible enrichissement personnel » à la marge, avec des dépenses injustifiées, notamment pour des achats d'écrans de télévision.
Secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau a promis de « demander des explications » à la hiérarchie de la compagnie. « Tous ces chiffres et ces allégations sont faux », réplique François Cabrera. « Ce ne sont que des mensonges. Il n'y a pas de trou, mais un décalage de trésorerie récurrent depuis dix ans, dû au fait que le CCE d'Air-France achète des produits aux fournisseurs et ne touche les recettes que 18 mois plus tard ».
Ainsi, jusqu'à fin 2008 « c'est Air-France qui avec ce décalage de trésorerie assurait un rôle de banquier pour nous. Quand cela s'est arrêté, nous nous sommes retrouvés avec la nécessité de négocier un prêt long terme », poursuit l'ancien secrétaire général du CCE. « Nous avons fini les années 2007 avec un déficit du budget de 8 millions d'euros, 3 millions en 2008 et 2009 sera grosso modo équilibrée. Nous avons redressé les comptes du CCE et nous ne dépensons pas davantage que ce que nous touchons. Si Air-France nous a versé 10 millions d'euros, ce n'est pas pour combler un trou, c'est à titre d'avance de ce que nous ne toucherons pas en 2010 ».
Rappelant les importants dispositifs de contrôle interne, François Cabrera cite au rang « d'inventions pures » les dépenses personnelles assurant qu'il n'y a eu « ni détournement ni malversation ». L'audit sera officiellement présenté aujourd'hui.


 

Antoine PETRY

CCE Air France

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