Un appétit de réformes

Publié le 19/09/2012 à 00H00
Le compromis de 2003 sur les retraites a créé un choc à la CFDT de Chérèque mais lui a permis de renforcer sa cohésion autour du réformisme.
Un appétit de réformes
Un appétit de réformes
Le compromis de 2003 sur les retraites a créé un choc à la CFDT de Chérèque mais lui a permis de renforcer sa cohésion autour du réformisme.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 19 Septembre 2012 / IG /

 

 
Après dix ans de règne, François Chérèque laisse en héritage une CFDT homogène, plus ancrée que jamais dans le réformisme. « Durant son magistère, il y a eu deux périodes », souligne Jean-Marie Pernot, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales. « Jusqu'en 2003 », arrivé depuis un an à la tête de la centrale, « il a suivi le chemin tracé par Nicole Notat : signer des accords pour nourrir le contractuel, quel qu'en soit le risque et surtout en acceptant l'isolement ». En 2003, la décision de Chérèque d'accepter un compromis avec le Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin sur les retraites suscite une crise interne profonde. Dès 2005, le leader reprend langue avec Bernard Thibault. En 2006, la CFDT rejoint le front syndical uni, au côté de la CGT.

La purge d'effectifs de 2003 a eu un autre effet, celui-là jugé bénéfique par la centrale : « Elle a permis de consolider une ligne homogène. Les opposants partis, Chérèque a réussi à ancrer en profondeur la CFDT dans le réformisme », souligne Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail. Le réformisme reste la boussole : depuis 1978, la confédération privilégie l'autonomie à l'égard du politique et la négociation collective. Aujourd'hui, Chérèque épaule le gouvernement PS pour asseoir un « pacte social ».