« Pour l'Europe, mais pas celle-là »

Publié le 22/06/2011 à 00H00
Austérité : près de 10.000 manifestants ont dénoncé hier à Luxembourg le projet de gouvernance économique qui sera voté fin juin au Parlement européen
« Pour l'Europe, mais pas celle-là »
« Pour l'Europe, mais pas celle-là »
Austérité : près de 10.000 manifestants ont dénoncé hier à Luxembourg le projet de gouvernance économique qui sera voté fin juin au Parlement européen

© L'Est Républicain, Mercredi le 22 Juin 2011 / Ouverture France-Monde

 

Les manifestants ne vuelent plus de plan d'austérité. Photo ER

Près de dix mille manifestants ont dénoncé hier à Luxembourg l'austérité du projet de gouvernance économique, votée fin juin au Parlement Européen.

'WE ALL WANT to change the world '. (Nous voulons tous changer le monde). Cependant que s'égrènent les refrains des Beatles dans les haut-parleurs des rues perpendiculaires de l'avenue de la Liberté à Luxembourg-ville, on les retrouve serrés par cortèges régionaux ou nationaux. Là des Espagnols, ici des Allemands, un peu plus loin des Belges de la métallurgie, venus en grand nombre manifester contre l'austérité. Un peu plus tôt, dans un hôtel du centre-ville, le président de confédération européenne des syndicats a donné le ton de la journée : « Le principal problème de l'Europe n'est pas le déficit, mais le chômage ». Secrétaire régionale de la CFDT en Lorraine, Dominique Marchal esquisse un message voisin, entourée de quelques dizaines de cédétistes bariolés couleur orange. En substance : « Oui, nous sommes favorables à l'Europe, c'est aussi le sens de cette mobilisation. Mais pas celle-là. Nous sommes en phase avec l'idée d'une gouvernance économique, mais qui ne soit pas seulement tournée vers les marchés. D'abord vers les citoyens ».

« Les acquis s'éffilochent »

7.000 selon la police, près de 15.000 selon les syndicats : le cortège se diffuse dans la ville de Luxembourg tirée à quatre épingles pour la circonstance. Peu de débordements, ambiance bon enfant. Cependant qu'à la même heure le président de la commission européenne annonce à Bruxelles un prochain versement d'un milliard d'EUR pour la Grèce, les retraités de Girancourt-sur-Vraine (Vosges), font d'autres comptes. A 70 ans, Hubert Louis « manifeste pour les générations suivantes » conscient que sa pension de 1.800 EUR « reste supérieure au smic ». Mais « tous les acquis gagnés par nos aînés au fil de leurs luttes s'effilochent » peste cet ancien salarié de la verrerie BSN.

Réclamant un taux d'imposition minimum pour les entreprises ou l'arrêt du prolongement des durées de travail avant retraite, les syndicats des différents pays ont afflué par bus, par trains ou par véhicules particuliers. 130 cars ont été bloqués à l'entrée de Luxembourg-Ville pour laisser le coeur des artères aux piétons. Tout un symbole : syndicalistes purs et durs y croisent des hommes d'affaires tirés à quatre épingles, mais sans manifestation d'hostilité réciproque. Secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol a réclamé des Euro-obligations pour financer des investissements dans les projets. Les enjeux de haute volée, comme les inquiétudes pragmatiques se mêlent dans les revendications syndicales. La teneur du projet de gouvernance économique sera votée fin juin au Parlement Européen.

Antoine PETRY