10 000 Lorrains dans la rue : les syndicats soulagés

Publié le 28/05/2010 à 00H00
La question des retraites a primé dans les rassemblements interprofessionnels organisés, hier dans toute la France. Environ dix mille Lorrains ont défilé dans les rues.
10 000 Lorrains dans la rue : les syndicats soulagés
10 000 Lorrains dans la rue : les syndicats soulagés
La question des retraites a primé dans les rassemblements interprofessionnels organisés, hier dans toute la France. Environ dix mille Lorrains ont défilé dans les rues.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 28 Mai 2010 / Région
 

 

Un motif de satisfaction pour l'intersyndicale : la présence dans les défilés lorrains de fortes délégations du secteur privé, issues principalement de la grande industrie. Photo Karim SIARI

La retraite, c'est comme la cathédrale de Metz vue depuis le centre Pompidou : plus on s'en approche et moins on la voit ! »
LE FAIT DU JOUR

Un peu d'humour ne fait pas de mal quand on traite de sujets graves ; et pour les participants aux manifestations sociales d'hier, le sujet du jour était avant tout l'âge de la retraite. A tel point que, selon un responsable syndical, « il a été difficile de mobiliser les gros bataillons, parfois trop jeunes pour se sentir tout à fait concernés ».

Mobiliser, voilà l'enjeu ! Hier en Lorraine, on a estimé à plus de 10 000 le nombre des manifestants, de Longwy à Epinal en passant par Metz, Nancy et Bar-le-Duc. Ce qui est jugé « satisfaisant » par les responsables de l'intersyndicale CGT-CFDT- CFTC-Solidaires-Unsa-Sud, soulagés d'apprendre que la journée n'avait pas démérité par rapport à celle du 23 mars.

« Maintenant, il reste tout un travail d'explication à poursuivre », admettait le secrétaire régional de la CGT, Jacky Duhaut, à l'issue de la manifestation d'Epinal où il a retrouvé, parfaitement par hasard, son homologue de la CFDT, Alain Gatti. Les deux hommes partagent une conviction : ce rendez-vous n'était pas le dernier de l'année, la bataille des retraites ne faisant que débuter.

Le défi du privé

Si l'appel à manifester a été entendu par une partie de la population, les mots d'ordre de grève semblent avoir reçu moins de succès. Même si l'on constate parfois des écarts troublants : ainsi, dans les écoles maternelles et primaires, la Ville de Metz a recensé 58 % de grévistes, mais sur l'ensemble de l'académie, le rectorat n'en compte que 16 %.

La proportion est légèrement plus forte dans les collèges, avec 17 % de grévistes. Et, comme d'habitude, les syndicats d'enseignants sont fondés à indiquer des estimations nettement plus élevées, car le rectorat se base sur l'ensemble des effectifs, et non sur la réalité des enseignants théoriquement présents dans les établissements.

A la SNCF, la transparence n'est plus de mise : la direction a interdit à ses instances régionales de communiquer les taux de grévistes, se contentant d'un décompte national (23,2 %, contre 28 % selon la CGT). Tout au plus la direction régionale a-t-elle indiqué que le plan de circulation annoncé avant-hier a été parfaitement respecté.

Reste un motif de satisfaction pour l'intersyndicale : la présence dans les défilés lorrains de fortes délégations du secteur privé, issues principalement de la grande industrie. Cet aspect de la mobilisation demeure, pour l'ensemble des syndicats, un défi difficile à relever.

Enfin, l'action syndicale a été renforcée par la participation des partis politiques de gauche, du PS au NPA en passant par le PCF, avec notamment à Metz une cinquantaine de militants et d'élus de la Fédération de la Moselle du Parti socialiste.

B. M.