40 000 Lorrains contre la réforme

Publié le 25/06/2010 à 00H00
« Fantastique ! C'est la France. » Victoria mitraille le cortège multicolore et bruyant avec son portable.
40 000 Lorrains contre la réforme
40 000 Lorrains contre la réforme
« Fantastique ! C'est la France. » Victoria mitraille le cortège multicolore et bruyant avec son portable.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 25 Juin 2010 / IG /

 

Les manifestants étaient 20 000 hier dans les rues de Nancy, soit deux fois plus que le 27 mai. Photo Anthony PICORÉ

Grande brune, artiste de profession, elle est venue de Los Angeles découvrir le Centre Pompidou-Metz. Elle n'en revient pas. Tout comme Adeline sur sa terrasse de café rue Gambetta. « C'est la première fois que le cortège dure aussi longtemps ! » dit-elle. A Metz, le cortège a duré 1 h 30, les premiers arrivaient à la préfecture quand les derniers venaient à peine de quitter la gare. Et la plupart estimaient l'affluence nettement au-delà de 10 000 quand ce n'est pas 12 000 manifestants. Ajoutés aux 20 000 recensés à Nancy, plus de 5 000 à Epinal et 2 000 à Bar-le-Duc, la mobilisation des syndicats CFDT-CFTC-CGT-FSU-Solidaires-Unsa a drainé plus de 40 000 Lorrains dans la rue contre la réforme des retraites. « C'est le début d'une grande histoire », lance Denis Pesce, de l'intersyndicale annonçant d'autres rendez-vous cet automne. Il peut afficher sa satisfaction, les syndicats ont mobilisé trois à quatre fois plus de monde que lors du rassemblement du 27 mai dernier.
Fonctionnaires et salariés du privé

Les cheminots de la SNCF où on enregistre 60 % de grévistes, sous la bannière de l'intersyndicale CGT-Sud-CFDT ont ouvert les hostilités en murant la porte d'entrée de la direction régionale avant de rejoindre le défilé. Fonctionnaires territoriaux, des finances, de la défense, postiers, infirmières, pompiers et beaucoup d'enseignants côtoient des salariés de la sidérurgie, de la métallurgie, agents d'EDF ou de GDF, du BTP, des transports, de la culture. Sans oublier les employés de banque, ou des rayons de grands magasins, les travailleurs frontaliers, et aussi de nombreux demandeurs d'emploi ainsi que naturellement des retraités venus par solidarité. Tous n'ont qu'un mot sur les lèvres : « Touche pas notre retraite à 60 ans ! » Ainsi ces deux cartons qui se parlent : « Du boulot pour ma fille » et l'autre, « Pour mon père du repos ! » ou encore ce slogan de Laetitia, infirmière à Sarrebourg qui dit sans détour avec humour : « La retraite avant la chaise à roulettes ! » L'emploi, les salaires étaient aussi au menu des revendications. « J'aimerais déjà avoir du boulot avec un salaire correct pour obtenir une retraite décente », s'inquiète Jonathan, 25 ans, un électricien au chômage de Freyming-Merlebach. En fin de cortège, les politiques de l'opposition n'ont pas manqué le rendez-vous. Conseillers régionaux PS, d'Europe Ecologie, du PCF, parlementaires PS et conseillers généraux défilent. Et maintenant ? « On espère être entendu. En mobilisant comme on l'a fait, on a clarifié les enjeux », relève Dominique Marchal, de l'intersyndicale.