À peine 2 000 personnes dans les défilés d'un petit 1er mai

Publié le 02/05/2011 à 00H00
Faible mobilisation du monde du travail en ce 1er mai où seulement 2 000 personnes ont défilé dans les principales villes des Lorraine. Ce n'était pourtant pas faute de revendications autour du pouvoir d'achat.
À peine 2 000 personnes dans les défilés d'un petit 1er mai
À peine 2 000 personnes dans les défilés d'un petit 1er mai
Faible mobilisation du monde du travail en ce 1er mai où seulement 2 000 personnes ont défilé dans les principales villes des Lorraine. Ce n'était pourtant pas faute de revendications autour du pouvoir d'achat.

Le Républicain Lorrain, Lundi le 02 Mai 2011 / Région
 

 

L'intersyndicale s'en est prise, hier, aux politiques d'austérité des pays de l'Union européenne ». Photo Gilles WIRTZ

Il fallait un peu s'y attendre, ce ne sera pas un défilé très fourni cette année. Le calendrier nous joue des tours en programmant ce 1er mai un dimanche et en pleines vacances scolaires. » Dominique Marchal, secrétaire général de la CFDT mosellane et porte-parole de l'intersyndicale CFDT-CGT-FSU-UNSA résume l'esprit de cette célébration traditionnelle de la fête du travail qui n'aura mobilisé, en tout et pour tout, que 2 000 manifestants à travers une petite demi-douzaine de défilés dans les villes de Lorraine. Et, pour une fois, syndicats et police sont quasiment tombés d'accord sur les chiffres. À Metz, ils étaient autour de 500 à tr averser une ville presque déserte derrière une banderole unitaire scandant « la solidarité et le progrès social. » FO, de son côté réunissait, devant son siège, une centaine de militants.

A Nancy, environ un millier de personnes ont défilé du côté de la place de la République, moins d'une centaine à Bar-le-Duc, dans la Meuse, moins de 200 à Epinal, dans les Vosges et une centaine à Longwy.

Relevons à Metz, comme à Nancy, une forte représentation de la communauté turque et kurde, fidèle à la tradition du 1er mai. Il n'y avait peut-être pas foule dans les rues, mais tout de même matière à revendiquer à la vue des nombreux tracts, banderoles et discours de fin de défilé.

« Chapeau magique »

En préambule, l'intersyndicale a exprimé « son soutien aux peuples des pays arabes qui se soulèvent pour la dignité et la liberté. Une onde de choc salutaire qui bouscule les dictatures et porte un message d'espoir de liberté, de démocratie et de progrès social », a lancé Dominique Marchal, sous les applaudissements. La réalité économique et sociale reprenait le dessus. L'intersyndicale s'en est prise « aux politiques d'austérité des pays de l'Union européenne » avant de moquer la dernière mesure « du super président qui a sorti de son chapeau magique la super-prime de 1 000 EUR : effet d'annonce garanti ! Mais qui promet des réveils difficiles à la majorité des salariés qui n'y auront pas droit. » Pour les syndicats, il s'agit « d'une prime pérenne, exonérée de charges sociales plutôt qu'une augmentation des salaires, belle aubaine pour les entreprises. »

« Incompatible avec le FN ! »

Et de réclamer au patronat « de véritables négociations salariales qui aboutissent à des augmentations de salaires décentes ! » Placée sous le signe du progrès social, l'intersyndicale n'a pas manqué de rappeler « le droit pour tous et toutes à une protection sociale solidaire et de haut niveau tout au long de la vie. » Le meeting de la place de la Comédie, à Metz, s'est achevé sur une note plus politique. L'intersyndicale opposait les valeurs syndicales de «  tolérance, de fraternité, de solidarité  » à celles du FN. « qui sont une menace pour les libertés, les droits et les garanties sociales. » Et de conclure sur l'affirmation forte que « syndicalisme et Front national sont incompatibles. »

Bernard KRATZ.