FAIT DU JOUR : PLUS DE 40 000 LORRAINS DESCENDENT DANS LA RUE

Publié le 30/01/2009 à 00H00
Actifs et retraités, publics et privés, jeunes et moins jeunes, une foule bigarrée a investi la rue, hier en Lorraine, pour manifester son ras-le-bol. Ils étaient plus de 40 000 dans les grandes villes de la région.
FAIT DU JOUR : PLUS DE 40 000 LORRAINS DESCENDENT DANS LA RUE
FAIT DU JOUR : PLUS DE 40 000 LORRAINS DESCENDENT DANS LA RUE
Actifs et retraités, publics et privés, jeunes et moins jeunes, une foule bigarrée a investi la rue, hier en Lorraine, pour manifester son ras-le-bol. Ils étaient plus de 40 000 dans les grandes villes de la région.

Enorme !» hurle cet étudiant de l’Unef en fin du cortège qui arrive à 17 h 30 place de la Comédie à Metz, au terminus de la manifestation commencée trois heures plus tôt place Mazelle.

LE FAIT DU JOUR
Il vient d’apprendre qu’ils étaient près de 15 000 dans la rue (12 500 selon la police, près de 18 000 selon les syndicats). «J’ai jamais vu ça depuis 95 et la grève sur les retraites. Franchement on revit… Et puis surtout aujourd’hui, il y avait autant de gens du privé que du public. Le clivage entre les deux s’estompe», s’exclame Bernard, un cheminot CFTC. Mieux «j’ai vraiment vu autant de nouvelles têtes », assure Yves, cet ancien des mineurs CGT qui en a vécu, des manifs. «S’ils sont venus, c’est qu’il y a une véritable souffrance !» ajoute-t-il. «Et il y a la parité homme-femme. Elles sont très nombreuses », lance Denis, de la CFDT.

 
«Tellement évident !»
Et en première ligne. Comme ce gros contingent de FM Logistic de Woippy ­ où un plan social est engagé ­ qui ouvre le cortège. «On est très fier d’être là en tête du défilé, c’est un symbole de notre combat pour sauver notre emploi », lance Nadine, 45 ans, dont onze ans chez FM Logistic. Les slogans et les banderoles prennent pour cible Nicolas Sarkozy, «les patrons qui licencient », les banquiers et les actionnaires.
Les secteurs les plus touchés par la crise sont bien présents et se font entendre. Des banderoles des métiers de la métallurgie, de Gandrange, d’ArcelorMittal Florange ­ avec des aciéristes en tenue ­ côtoient des groupes de l’automobile, avec ceux de PSA Peugeot Citroën de Metz et Trémery, et de Sovab à Batilly, qui empilent les journées de repos forcé.
Le secteur public est aussi venu en force avec des forestiers de l’ONF «
qui sortent du bois », des gens de la Culture, des travailleurs sociaux très inquiets car, selon eux «on veut nous démanteler notre convention 66, notre ancienneté, nos RTT, nos salaires». Le monde de la santé, des hôpitaux ­ avec des infirmières en tenue ­ exprime son exaspération. Du personnel de la Défense, des collectivités territoriales s’en prennent à la réforme des politiques publiques, la fameuse RGPP. Noyés dans la masse, des salariés de la grande distribution et de grands magasins brandissent leurs affiches.
Du personnel en grève de la Caf (Caisse d’allocations familiales), qui débraye 55 minutes par jour depuis fin novembre, distribue ses tracts. Des enseignants de la FSU, au rythme des tambours, crient à tue-tête : «
Ils ferment les usines, ils ferment les écoles, il y en a ras-le-bol de ces guignols !» Plus loin, un retraité FO de la chimie venu du Bassin houiller tire déjà une leçon de cette journée. «Maintenant il faut dire stop ! A toute cette accumulation de réformes. » Les syndicats Solidaires, l’Unsa et l’Unef ferment la marche, avec des élus du conseil régional emmenés par le président Jean-Pierre Masseret. «Cette manif exprime un ras-le-bol tellement évident », glisse Patrice, un employé de la caisse primaire. Cette marée humaine le rassure. Il éclate même de rire à la vue de ce panneau brandi par un groupe qui affiche un tonitruant : «Casse-toi pauv’crise
Bernard KRATZ.
Publié le 30/01/2009 - Région